‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 37 sur 191 · LIV. II. CHAP. I. MONUMENT CHORAGIQUE · texte numérisé non relu

LIV. II. CHAP. I. MONUMENT CHORAGIQUE

« Les cariatides de Jean Goujon sont beaucoup plus grandes et ne sont pas ajustées delà même manière. Chacune d'elles repose sur un piédestal de forme ovale très-richement décoré ; les chapiteaux qui les couronnent, au lieu de s'appuyer directement sur les chevelures, en sont séparés par des draperies. Cette charmante composition est la plus remarquable de toutes celles du même genre dont l'art moderne puisse se glorifier. Il faut convenir qu'on ne trouve pas dans le monument français ce caractère élevé, cette pureté de forme, cette prodigieuse noblesse qui se font admirer dans l'œuvre antique. Sous tous ces rapports l'infériorité est incontestable, mais elle se rachète, jusqu'à un certain point, par d'autres qualités : par la grâce, par l'ampleur, surtout par la naïveté pleine de charmes que nul, peutêtre, n'a poussée aussi loin que le sculpteur français. »

§ 4. Monument choiagiiiue de Lysicrate.

» Le couvent de nos missionnaires comprend dans ses dépendances le monument choragique de Lysicrate. Cette élégante production du génie des Grecs fut connue des premiers voyageurs sous le nom de Fanari tou Demosthenous. » — « Dans la maison qu'ont achetée depuis peu les pères capucins, dit le jésuite Babin en 1672, il y a une antiquité bien remarquable et qui, depuis le temps de Démosthènes, est

demeurée en son entier : on l'appelle ordinairement la lanterne de Démosihènes . » (Chateaubriand.) Mais nul aujourd'hui, pas même les gamins d'Athènes, n'ignore que ni Démosthènes ni aucun de ses contemporains n'ont habité l'intérieur du monument, où régnait une parfaite obscurité. Les six panneaux de marbre qui le fermaient n'y laissaient d'ailleurs que deux mètres dans œuvre ; la colonnade ne mesure guère plus de trois mètres et demi.

«r Cette élégante construction est la seule qui soit parvenue jusqu'à nous dans un état de conservation à peu près passable, des monuments nombreux et variés qui ornaient autrefois une des principales rues d'Athènes, la rue des Trépieds. Des deux côtés de cette voie, les vainqueurs dans les jeux scéniques avaient élevé, chacun à sa guise et suivant son goût, un monument destiné à porterie trépied qui était accordé au vainqueur de ces luttes et à rappeler la victoire par une insciiption commémorative contenant le nom du triomphateur et de tous ceux qui avaient aidé à son succès. » {Magasin pittoresque.)

<i Le monument choragique est circulaire, et l'entablement i|iii le couronne est soutenu par six colonnes cannelées, à moitié engagées dans le mur, qui s'élèvent au-dessus d'un piédestal de forme rectangulaire?» (Léonce Reynaud.) « La coupole, sculptée avec délicatesse dans sa partie extérieure oij elle imili' une couvcitiii'c de feuilles de laurier, >. supporte

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