‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 4 sur 191 · LIV. I. CHAP. I. MONUMENTS CELTIQUES. U · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. I. MONUMENTS CELTIQUES. U

roches naturelles peu élevées ; elle mesure onze mètres de long sur six de large et cinq d'épaisseur : c'est un poids de sept cent cinquante mille kilogrammes. Ce n'est pas là un vrai dolmen.

Quelques autels, plus extraordinaires, présentent une figure humaine sculptée en creux, sorte de moule où s'étendait la victime. Sous les tables de plusieurs dolmens, entre autres la célèbre Table des marchands, h Lochmariaker, on reconnaît des formes de hache à poignée, sym])ole primitif qui subsista jusqu'à l'époque romaine dans la formule funéraire sub ascid.

Les dolmens ou grottes funéraires sont souvent précédés d'allées couvertes qui en sont les avenues. Le diocèse de Munster, en Prusse, possède une de ces allées, où cent moutons peuvent s'abriter; mais il n'est pas besoin de sortir de France. Prèsde Saumur, existe encore entière une galerie longue de dix-sept mètres et haute de deux mètres vingt. La largeur, hors œuvre, est de quatre mètres trente-cinq. Chacun des grands côtés n'est formé que de quatre pierres ; une seule fait le fond ; toutes sont inclinées vers l'intérieur. Quatre pierres encore composent le toit, et l'une d'elles, qui a sept mètres, étant fendue dans toute sa longueur, est soutenue par un pilier isolé. Les chiflres et les mesures ont ici leur éloquence.

La plus longue de nos allées couvertes est à Essé

(Ille-et-Vilaine) et la plus curieuse, près de Lochmariaker, dans la petite île de Gavrinnis. Vingt-trois pierres debout, juxtaposées, se rangent en murailles sous dix énormes dalles. Au fond, le reculement des parois forme une chambre un peu plus longue que large, où l'on peut se tenir debout. Partout, à Gavrinnis, se déroulent en linéaments parallèles, ovales ou demi-circulaires, des vermiculations concentriques, des zig-zags, des ornements en forme d'amandes, des cercles impliqués les uns dans les autres, qu'il serait plus difficile encore d'expliquer que de décrire. Cependant on voit distinctement des serpents et des coins ou haches sans manche.

On trouve maintenant d'assez nombreuses sculptures sur les monuments celtiques, mais Gavrinnis reste le plus remarqual)le. Les dolmens à allées couvertes sont souvent et ont peut-être jadis été tous enfouis sous des monticules factices qu'on nomme (lu nom latin tumulus : c'est là que l'architecture primitive de l'Occident semble avoir dit son dernier mot; on y trouve quelquefois de véritables murailles faites de pierres superposées, des voûtes à peu près coniques en encorbellement, des allées transversales , des chajjclles latérales , des transsepts , enfin des dispositions que nous retrouvons dans les hypogées ou excavations funéraires des Égyptiens. L'Angleterre et la France possèdent toutes deux de ces curieux échantillons d'un art qui

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