LIV. I. CHAP. 1. MONUMENTS CELTIQUES
se rapproche de nos procédés de construction. Un des plus intéressants est situé près de Caen, à Fontenay-le-Marmion. Dix salles circulaires voûtées, larges de quatre à cinq mètres, communiquent toutes par des galeries à la circonférence du monticule; en fouillant le sol, on y a trouvé des ossements humains.
Tous ces monuments, men-hirs, cromlechs, alignements, dolmens, allées couvertes et tumulus, se rattachaient à un culte antique, auquel on a donné le nom de druidique, culte qui adorait la puissance suprême au sein de la nature sauvage, au milieu des forêts, des eaux, des rochers, et s'élevait à de hautes conceptions, mêlées à des pratiques bizarres et cruelles. L'introduction des dieux latins dans les Gaules produisit un chaos dans la religion des Celtes. Toutefois, les druides tinrent bon et bravèrent longtemps le christianisme. Plusieurs conciles durent condamner ceux qui honoraient les arbres, les fontaines, les pierres, et ordonner la destruction de ces objets d'un culte traditionnel; nul doute que des druides et des superstitieux n'aient été brûlés comme sorciers. Le roi Chilpéric prononça les peines les plus graves contre quiconque ne détruirait pas les pierres sacrées qui couvraient nos campagnes. Plus tard, on tourna la difficulté, en consacrant au culte chrétien les monuments auxquels le peuple restait attaché, et des men-hirs
furent surmontés de croix ou ornés de symboles pieux. Les dévotions aux sources de la Peur, de la Fièvre , les ex-voto suspendus aux branches de certains arbres, les croyances aux fées, aux follets, encore si répandues dans le centre et l'ouest de la France, sont un legs de nos ancêtres. Essayons de nous en défaire, sans détruire ce qu'ils aimaient. Faut-il abattre les grottes où demeuraient les fées pour ne plus trembler devant elles? Qui se crée des chimères les garde en soi. Respectons nos aïeux et nous-mêmes : leurs œuvres seront conservées et nous abandonnerons leurs erreurs.
GHAPITUE IL