‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 43 sur 191 · LIV. II. CHAP. II. DIANE D'ÉPHÈSE · texte numérisé non relu

LIV. II. CHAP. II. DIANE D'ÉPHÈSE

§ 3. Diane d'Ëphèse,

Selon Pindare, le premier temple d'Éplièse fut édifié par les Amazones, du temps qu'elles faisaient la guerre à Thésée. Strabon l'attribue à l'architecte Gtésiphon;! et Pline nous apprend qu'avant l'incendie c'était un type respecté déjà quant aux proportions des colonnes et des chapiteaux. Lorsque Érostrate l'eut brûlé en 356 avant le Christ, nous dit Strabon, les dons apportés de toutes parts, les aumônes des femmes pieuses, la vente des colonnes, en y joignant peut-être quelques valeurs déposées dans l'ancien sanctuaire par les rois ou les villes, permirent d'en recommencer un plus magnifique encore.

« Il fut élevé en deux cent vingt ans par toute l'Asie. On l'assit sur un sol marécageux, pour le mettre à l'abri des tremblements de terre et des crevasses qu'ils produisent. D'un autre côté, pour que les fondements d'une masse aussi considérable ne posassent pas sur un terrain glissant et peu solide, on établit d'abord un lit de charbon broyé et de la laine par-dessus. Le temple entier a quatre cent vingt cinq pieds de long et deux cent vingt de large; cent vingt-sept colonnes faites par autant de rois, hautes de soixante pieds. De ces colonnes, trente-six sont sculptées. Le grand prodige , dans cette entreprise , c'est d'avoir élevé les architraves. La plus grande

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difficulté fut au frontispice même au-dessus de la porte d'entrée. C'était une masse énorme, elle ne se posa pas d'aplomb; l'artiste désespéré voulait se donner la mort ; mais pendant la nuit, la déesse même lui annonça qu'elle avait arrangé la pierre ; et au matin la promesse se trouva accomplie. » (Pline l'ancien).

Cet architecte était peut-être Chirocrate, qui construisit Alexandrie. Des œuvres de Praxitèle et deTrason couvrirent l'autel et les parois. Les bois précieux y furent prodigués. Voici ce qu'on lit dans Pline à ce sujet. « Le temple de Diane à Éphèse est une preuve célèbre de la bonté du bois de cèdre : il y a quatre cents ans que cet édifice est construit par la cotisation de l'Asie tout entière ; on sait que le toit est fait de poutres de cèdre. Mais on doute de quel bois est la statue de la déesse : tous les auteurs disent qu'elle estd'é])ène, excepté Mucianus, trois fois consul ; c'est un des écrivains les plus modernes qui l'aient vue; il prétend qu'elle est de bois de vigne et qu'elle n'a jamais été changée, bien que le temple ait été restauré sept fois; il ajoute que Pandémion fit le choix de ce bois ; il donne même le nom de l'artiste, ce qui me paraît étonnant, car il regarde cette statue comme plus ancienne non-seulement que Dacchus, mais même que Minerve. Celle statue est d'un volume médiocre. Le même Mucianus dit que les portes sont de cyprès et ({ue , durant depuis quatre

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