‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 51 sur 191 · LIV. III. CHAP. II. PANTHÉON D'AGRIPPA · texte numérisé non relu

LIV. III. CHAP. II. PANTHÉON D'AGRIPPA

que les autres. Les colonnes de front soutiennent un noble entablement; mais la masse du fronton s'appuie sur des cintres dissimulés par des architraves. Les bas-reliefs du fronton, l'inscription, la couverture et les poutres du portique, la grande porte du temple, étaient de bronze.

« Les tuiles furent enlevées par l'empereur Gonstans ; Urbain YIII, en plein xvii* siècle , fit ôter les poutres; il en tira plus de deux cent mille kilogrammes de bronze, dont partie fut employée à la construction du grand baldaquin et de la chaire de la basilique de Saint-Pierre, et le reste pour les canons du fort Saint-Ange. Les murs du portique, entre les pilastres, sont revêtus de tables de marbre sur lesquelles sont très-bien sculptées des foudres, des coupes et des candélabres. La statue d'Auguste était placée dans la grande niche à droite, et celle d'Agrippa dans l'autre.

a Ce portique annonce avec majesté la grande porte qui introduit dans le temple : elle s'ouvre sur des pilastres cannelés de bronze; elle est elle-même revêtue de lames fort épaisses de ce métal. Le seuil est de marbre africain ; les jambages et l'architrave sont de marbre blanc. L'intérieur du temple n'a pas moins de noblesse que de majesté: son diamètre est de cent trente-trois pieds romains, l'épaisseur du mur est de dix-neuf. La hauteur, depuis le pavé jusqu'au sommet, égale le diamètre. La lumière

n'entre dans le temple que par une seule ouverture circulaire de vingt-six pieds de diamètre, pratiquée au milieu de la voûte; on y monte par un escalier de cent quatre-vingt-dix marches.

« La tn])une du maître-autel est formée par un demi-cercle pris dans l'épaisseur du mur; son grand arc, pareil à celui de l'entrée, est soutenu par deux grosses colonnes cannelées de jaune antique. Les six chapelles qui sont dans le pourtour sont aussi creusées dans l'épaisseur du mur. Chacune d'elles est décorée par deux pilastres, au devant desquels sont deux colonnes cannelées d'ordre corinthien et de marbres précieux dont les bases et les chapiteaux sont de marbre blanc. Ces colonnes et ces pilastres soutiennent un grand entablement de marbre blanc qui règne tout autour de l'édifice; la frise est de porphyre. Sur cet ordre, est une espèce d'attique avec quatorze fenêtres , aujourd'hui murées, qui éclairaient autrefois les six chapelles: il supporte l'entablement, qui supporte la grande voûte. On voit, dans Pline, que les côtés des fenêtres étaient autrefois décorés de cariatides de bronze, ouvrage de Diogène d'Athènes; elles ont été remplacées par des pilastres de marbre. La grande voûte est ornée de caissons carrés, qu'on dit avoir été anciennement recouverts de lames d'aigent ou de lnonze doré.

«Ce temple fut donné, en 619,par remi)ereur Phocas au pape Boniface A'ill, qui le dédia ù la Vierge et

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