‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 52 sur 191 · LIV. m. CIIAP. IL TEMPLE DE VESTA · texte numérisé non relu

LIV. m. CIIAP. IL TEMPLE DE VESTA

aux saints martyrs. En 830, Grégoire IV le dédia ù tous les saints, dont il institua la fête à cette occasion. On y voit aujourd'hui les monuments de plusieurs hommes célèbres dans les arts (Yasi), » particularité qui sans doute décida la destination de notre Panthéon sous la République de 89. C'est là que repose Raphaël; Quatremère de Quincy a minutieusement décrit sa sépulture et prouvé qu'elle n'avait pas été violée. Que nous importe le squelette de Raphaël, puisqu'il revit à jamais dans ses œuvres ? Nous citerons seulement un dislique latin fort alambiqué du cardinal Bembo, traduit avec succès par Rellori, et qu'on peut rendre ainsi en français, non sans commentaire :

ï C'est ici RaphaëL Vivant il vainquit la nature; après sa mort elle n'esjière plus vivre (sur la toile). »

Ce jeu d'esprit est inscrit sous le buste du mort.

Aux environs de Rome, au-dessus du délicieux abîme de verdure où se précipite la superbe cascade de Tivoli, posé sur un soubassement qui fut consolidé par des arcades engagées, s'élève le temple circulaire de Testa. Il en reste encore plusieurs colonnes avec leur entablement et une partie du mur de la Cclla. C'est un des édifices les plus connus des voyageurs, les plus souvent reproduits par la peinture. Sans doute, il emprunte beaucoup de son charme au voisinage des cascades et à sa position

dominante; à ses pieds, nous avons vidé plus d'un Hacon d'orvieto, plus d'une bouteille de vin de Velletri : il reste toujours un bon souvenir des monuments qu'on a regardés en mangeant des figues à leur ombre. Mais, par lui-même, le temple de Tivoli, sous le toit, écrasé comme un bonnet chinois, qui protège ses débris, garde encore des traces visibles de son antique beauté. « H y a, dans toute cette composition exécutée en travertin, pierre calcaire assez dure et de couleur foncée, un caractère monumental qu'on ne retrouve pas toujours dans les œuvres plus importantes et plus riches de l'empire romain. La fermeté et la sobriété des lignes, auxquelles convie une pierre commune, ne messied pas à l'architecture. »

Le temple a été construit sous la république romaine, environ soixante dix ans avant notre ère. 11 est élevé sur une base générale de deux mètres trente-sept de hauteur, reposant elle-même sur le roc dont l'escarpement, comme nous l'indiquions, est à certains endroits soutenu par deux rangs d'arcades superposées qui portent sur des contre-forts. La Cella, de sept mètres trente de diamètre, prenait jour par deux fenêtres de proportions élégantes sur le portique circulaire, composé de dix-huit colonnes. Les feuilles du chapiteau, dont le peu de hauteur doit être remarqué, sont profondément sinueuses et repliées sur les bords, où elles forment

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