LIV. III. CHAP. II. MAISON CARRÉE
des frisures. Les volutes angulaires sont très -fermes, et isolées des volutes centrales qui sont trèssimples. La rose, très-développée, est fortement en saillie.
Un autre temple circulaire, consacré à Vesta et coiffé comme le premier d'une mauvaise couverture aplatie, qui défigure son couronnement autrefois orné d'une coupole basse, se voit encore, sur une place déserte de Rome, en face d'une belle fontaine et d'une église où est encastré dans le mur un masque tragique en marbre. « Il est entièrement exécuté en marbre blanc et traité dans toutes ses parties avec la plus grande délicatesse. »
§ 2. La Maison carrée de >;îmes.
La France, qui fut romaine durant plus de cinq cents ans, conserve encore quelques temples antiques.
Celui de Vernègues, à quelques lieues d'Aix, rappelle par les feuilles aiguës de ses chapiteaux corinthiens les premiers temps de la conquête.
Vienne en Dauphiné possède^ un temple de Livie. « Ce monument est complet quant à l'ensemble , mais les ornements n'ont été achevés que sur la face postérieure. Au-dessous du fronton du portique, les chapiteaux corinthiens sont décorés de feuillages aigus comme à A'ernègues. Le plan est un parallé-
logramme ; la cella, fort restreinte, n'occupait qu'une, superficie égale à celle du portique couvert qui formait la partie antérieure du temple. Aujourd'hui le mur qui séparait ces deux parties importantes du temple est détruit et les entre-colonnemenls extétérieurs sont murés. L'enceinte intérieure ainsi agrandie par cette mutilation, renferme une des plus riches collections d'antiquités de la France. »
Mais le mieux conservé comme le plus important de ces édifices échappés aux dévastations du basempire et au zèle hostile des premiers chrétiens est situé à Mmes. On le désigne vulgairement par le nom de Maison carrée, qui désigne sa forme générale. Voici d'abord l'opinion de M. Mérimée, un bon juge, qui ne lui est pas favorable.
« La Maison carrée ne mérite pas sa réputation. Il est vrai que son portique est magnifique; mais les colonnes engagées dans le mur de la cella font un triste effet. Leurs chapiteaux sont courts et écrasés; enfin, je trouve la corniche lourde et surchargée d'ornements.
« Le toit du portique est une restauration moderne. Les caissons qui en forment le plafond sont en carlon-pûte. Dieu me pardonne, et d'un goût très- médiocre.
n Onavait pensé, d'après l'interprétation que M. Séguieravait faite des traces de l'inscription, que ce monument aurait été construit du temps d'Auguste ;