‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 61 sur 191 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MtRS, PORTES, ARCS DE TRIOMPHE, COLO\XES VOTIVES.

Rome a excellé dans la construction des enceintes fortifiées. Elle les a toutes conçues sur un même modèle. Leurs caractères principaux sont l'épaisseur des parois, surmontées de parapets à créneaux, les tours qui les flanquent de distance en distance, et des portes à plein cintre, toujours ouvertes entre deux tours : disposition qui rappelle les pylônes et les propylônes égyptiens, et qu'ont imitée tous les architectes des périodes postérieures. Au-dessus des portes, au niveau du parapet, un passage conduisait d'une tour à l'autre et motivait un second étage plein ou formant galerie à jour. Sur les voies secondaires, les portes présentaient une Laie unique; elles étaient doubles sur les grandes voies; souvent même les deux ouvertures principales étaient accompagnées de deux issues plus petites pour les piétons.

Nous choisirons quelques exemples de murailles

et de portes, en France même. Les Gaules étaient devenues une seconde Italie ; et les débris romains de notre Provence {Province romaine) sont quelquefois antérieurs à ceux de Rome elle-même. C'est ainsi qu'une inscription authentique attribue au siècle d'Auguste la construction des murailles de Nîmes, ancienne capitale des Arécomiques.

On peut suivre la ligne des murs de Nîmes sur un circuit de six kilomètres. Les parois y ont neuf mètres et demi de haut sur deux et trois d'épaisseur. Un blocage solide fait de mortier et d'éclats de pierre constitue leur noyau; le revêtement est en moellons posés au ciment par assises régulières. Les parties inférieures et supérieures sont, comme les portes, construites en pierres de taille de divers appareils. On distingue encore la forme de deux portes, l'une simple et l'autre double, dites de France et d'Auguste.

Langres, Reims, Trêves possédaient aussi des enceintes dont il ne reste plus guère que les portes, qui ont gardé les noms de Portes de Mars ou Porte noire; on les range souvent parmi les arcs de triomphe. Klles apj)artienncnt à la décadence. Celle de Reims, élevée sous Juhcn en 360 est, néanmoins, fort intéressante par quelques bas-reliefs et surtout par une disposition unique, étant formée de trois arcs presque égaux qui reposent sur la même imposte. Mais aucune de ces portes ne peut être com-

Page 1