LIV. III. CHAP. IV. MURS, PORTES, ARCS
parée à celles d'Autun , l'ancienne Bibracté des Gaulois, qui, plus vieille que Rome môme, fut nommée par Jules César « la sœur et l'émule de Rome, » « Lorsqu'on voit ce qui reste d'Autun, dit M. Mérimée, et qu'on se rappelle les catastrophes épouvantables que cette ville a éprouvées, l'imagination
. Porte romaine, à Trêves.
a peine à se figurer ce qu'elle devait être au temps de sa splendeur. A la fin du troisième siècle, et lors de la révolte des Bagaudes, elle fut saccagée et brûlée ; ses temples et ses édifices publics furent renversés pour la plupart. Attila poursuivit l'œuvre de dévastation, lorsqu'il s'en empara au milieu du cin-
quième siècle ; puis les Bourguignons et les Huns se disputèrent sa ruine; enfin Rollon et les Normands trouvèrent encore quelque chose à détruire, et leur passage fut le dernier et le plus terrible coup porté à cette ville malheureuse. »
Les murailles, en tout semblables à celles de Nîmes, mais plus hautes encore et plus épaisses, formaient une enceinte de cinq kilomètres, flanquée de deux cent vingt tours rondes. Les deux portes qui subsistent encore, les plus entières que l'on connaisse, ont deux grandes baies hautes de quatre mètres, larges de deux, et deux plus petites. Deux grosses tours, carrées dans leur masse, mais arrondies en demi-cercle à leur partie antérieure, forment les côtés du monument. Les quatre ouvertures, voûtées en plein cintre, sont couronnées de dix arcades. Les pilastres cannelés de la galerie ont été imités dans la cathédrale (douzième siècle), où ils remplacent les colonnes engagées. Les deux portes sont bâties en pierres de taille posées à sec; leur style mâle et sévère est d'un aspect imposant.
« 11 paraît probable, dit M. Mérimée, qu'elles ont clé construites en môme temps, peut-être par le même architecte. On y voit encore les rainures qui ont servi ù la manœuvre de la herse. Leur principale différence consiste en ce que la porte d'Arroux a des pilastres corinthiens, tandis que ceux de la |)or(e Saint-André sont ioniques. De plus, les quatre