‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 63 sur 191 · LIV. III. CHAP. IV. ARC DE TITUS · texte numérisé non relu

LIV. III. CHAP. IV. ARC DE TITUS

passages sont sur la même ligne à la porte d'Arroux, tandis que, dans celle de Saint-André, les deux principaux sont en retraite par rapport aux deux plus petits, destinés sans doute aux piétons. Les galeries supérieures de ces deux portes semblent avoir servi à continuer le chemin de ronde qui devait régner le long des remparts. »

Entre l'arc de triomphe et la porte, il n'y a qu'une différence. L'arc est une porte isolée, imitée sans doute de décorations en bois dressées par le peuple sur le passage des triomphateurs. Pline a écrit : Œ L'érection d'une colonne désigne un homme élevé en gloire au-dessus de ses semblables ; c'est aussi ce que désigne l'érection d'un arc, invention récente et cependant due aux Grecs. » Mais comme la Grèce ne présente aucune trace de monuments semblables et que ses historiens n'en font nulle mention, il est juste d'en attribuer l'invention aux Romains. L'arc de Titus, à Rome, l'un des plus fameux et peut-être le plus ancien qui soit debout encore, fut élevé en mémoire de la prise de Jérusalem, par l'empereur Domitien, vers la fin du premier siècle de notre ère. Malgré ses dimensions restreintes et sa porte unique, la beauté de ses proportions et de ses sculptures en font un véritable modèle.

Quatre des huit demi -colonnes cannelées et d'ordre composite qui en ornaient les deux façades ont été détruites : il n'en est resté que deux de cha-

que côté. Celles qui sont en regard du Forum ne sont pas entières. Deux admirables bas-reliefs audessous de l'arcade, malheureusement mutilés, représentent le triomphe de Titus. Dans l'un on voit l'empereur, sur son char conduit par une femme qui figure Rome. Il tient en main le bâton du commandement, et il est couronné par la victoire. Une foule de soldats, de citoyens, de sénateurs couronnés et de licteurs sont autour de lui et portent des branches de laurier. Sur l'autre bas-relief, on voit des soldats hébreux prisonniers, la table d'or, le chandelier à sept branches, les tables de la loi, les vases et instruments sacrés, dépouilles du temple de Jérusalem. La frise de la corniche représente le reste de la pompe triomphale : on y remarque le tlcuve du Jourdain personnifié et porté par deux hommes, des sacrificateurs qui conduisent des bœufs, et des soldats de la légion minervienne; sur leurs boucliers ronds est figurée la tête de la Gorgone. Quatre belles victoires décorent l'archivolte. Une beWe agrafe en forme de console ferme la clef des voussoirs,et, au milieu de ces ornements, on voit Titus emporté au ciel sur un aigle.

L'empereur l'rajan (98-118), l'un des grands noms de Rome, eut plusieurs occasions légitimes d'élever des arcs triomphaux. Grand guerrier, porté au trône par sa renommée miiilairc, il sut, chose rare, respecter la liberté civile et ne s'appuyer sur la force

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que pour la défense ou la conquête. Tacite a dit : « Si le ciel m'accorde une longue vie, j'écrirai dans ma vieillesse les règnes de Nerva et de Trajan, temps heureux où l'on peut penser comme on veut et parler comme on pense, » Cet éloge, le plus grand qu'on puisse faire d'un roi, nous recommande les monuments consacrés à la gloire de Trajan. Le plus bel arc triomphal qui nous reste de lui est situé à Bénévent, et désigné par une ancienne tradition sous le nom de Porte d'or. Un peu plus haut que l'arc du Carrousel, il est percé d'une seule arcade. On en attribue la construction à l'architecte Apollodore.

L'édifice est tout entier en marbre de Paros. a L'ordre qui le décore est composite ; les colonnes portent sur un stylobate commun : leur base est attique et de la plus belle proportion ; l'entablement est bien profilé : l'architrave, la frise et la corniche sont dans les plus beaux rapports entre eux, et admirablement proportionnés à la masse totale de l'édifice.

« La frise est ornée, comme à l'arc de Titus à Rome, auquel il ressemble sous presque tous les rapports, de figures allusives au triomphe. Les trumeaux des entre-colonnements sont divisés avec beaucoup de goût en bas-reliefs séparés par de petites frises. Sur le milieu de l'avant-corps de l'attique est placée l'inscription, et dans les renfoncements .sont de gros bas-reliefs (un de chaque côté) du même goût

que ceux de l'arc de Constantin, à Rome. Ils représentent diffjrenles actions de l'empereur Trajan, et ne le cèdent point à ceux de Rome pour la beauté de l'ordonnance, la grandeur du style et la saj^e hardiesse de l'exécution. L'ensemble et les détails ont échappé aux barbares et au temps.

L'arc de Constantin, dont il vient d'être parlé, est situé à peu de distance du Colisée, au fond [d'une solitaire avenue de grands arbres. « Il lut dédié à Constantin après la victoire qu'il remporta sui' .Maxence. il est à trois cintres, orné de huit belles colonnes cannelées de jaune antique, d'ordre corinthien, et de plusieurs bas-reliefs d'un mérite dift"érent. Ceux de la partie inférieure, faits du temps de Constantin, se ressentent de la décadence ; les autres placés dans le haut, sont d'une excellente sculpture: on dit qu'ils ont été tirés d'un des arcs du Forum de Trajan, sous lequel florissaient les beauxarts. Ces superbes bas-reliefs, qui représentent divers exploits de Trajan, sont au nombre de vingt.... Les huit prisonniers daces qu'on voit sur l'entablement, appartenaient aussi au même arc du Forum de Trajan, ainsi que les colonnes de jaune antique et toutes les corniches. (Vasi.) «

La France possède plusieurs arcs de triomphe romains, mais presque tous de la décadence. Un seul, très-simple, et percé de deux cintres égaux comme les portes de ville, remonte au siècle d'Au-

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