‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 69 sur 191 · LIV. III. CHAP. V. LE PONT DU GARD · texte numérisé non relu

LIV. III. CHAP. V. LE PONT DU GARD

de deux esprits si différents, nous citons une description techniqiie et qui achèvera de familiariser le lecteur avec cet admirable édifice.

<c L'aqueduc de Nîmes, vulgairement appelé le pont du Gard, s'élève entre deux montagnes, sur la rivière du Gardon, à trois lieues au nord-est de Nîmes. Il est construit en pierres de taille posées à sec, sans mortier ni ciment. Trois rangs d'arcades en plein cintre sont superposés les uns aux autres. Le premier rang a dix toises deux pieds de hauteur et quatre-vingt-trois toises de longueur; le second rang a dix toises de hauteur et cent trente-trois toises deux pieds de longueur ; le troisième rang a quatre toises deux pieds de hauteur et cent trente-six toises deux pieds de longueur. L'élévation entière de l'édifice, depuis l'eau jusqu'à la cime du troisième rang d'arcades est de vingt-quatre toises trois pieds. Sur ce troisième rang est construit le canal de l'aqueduc, au niveau du sommet de la montagne; il a quatre pieds de largeur et cinq de hauteur dans œuvre ; des dalles d'un pied d'épaisseur, de trois de largeur et d'un pied de saillie le couvrent complètement. Le dedans est enduit d'un ciment épais de trois pouces, recouvert par une peinture de bol rouge pour empêcher la transpiration des eaux et le fond est un blocage de menues pierres mêlées avec du gravier et de la chaux et qui forme un massif solide de huit pouces d'épaisseur. Une longue suite de

conduits qui aboutissaient à l'aqueduc portaient à Nîmes les eaux de fontaines prenant leur source près d'Uzès, et quoiqu'elles ne soient (ju'à environ trois lieues et demie de Nîmes, les aqueducs parcouraient un espace de près de sept lieues, à cause des détours qu'on avait été obligé de suivre pour conserver la pente et le niveau nécessaires. » Les deux collines qui forment la vallée du Gardon n'étant pas également hautes, l'aqueduc continuait d'un côté à être supporté sur des arcades pareilles à celles du troisième rang, et, de l'autre, il s'engageait dans les flancs de la mont igne. Le pont du Gard peut être attribué à Agrippa, gendre d'Auguste, qui vint à Nîmes l'an 19 de notre ère et qui avait à Rome le titre de « surintendant perpétuel des eaux. »

Parmi les plus fameux restes d'aqueducs romains, on peut citer le pont de Ségovie en Espagne, ÏAiùo NovLis dans la campagne de Home, et de belles ruines près de Lyon.

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