‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 70 sur 191 · ARENES, THEATRES ET THERMES · texte numérisé non relu

ARENES, THEATRES ET THERMES

§ 1. Le colysée. Les arènes de Mmes et d'Arles.

StatiliusTaurus construisit dans le champ de Mars le premier amphithéâtre en pierre, vers l'an 725 de Rome ; il n'en reste plus de traces. Auguste avait manifesté l'intention d'en élever un autre, mais ce projet ne fut mis à exécution que longtemps après par Vespasien, et mené à fin par Titus, qui en céléhra la dédicace vers l'an 80 de notre ère. Au sixième siècle, on cessa, sous l'influence du christianisme, d'y célébrer les jeux barbares pour lesquels il avait été construit ; il servit de forteresse au moyen âge, puis fut converti en hôpital ; enfin il devint une sorte de carrière pour la construction de plusieurs monuments modernes, jusqu'au moment où Léon X mit un terme à ces déprédations et con-

sacra les restes du monument à la mémoire des martyrs dont le sang avait abreuvé l'arène.

Ce monument avait reçu le nom d'amphithéAtre de Flavien ; le peuple, plus frappé des dimensions colossales de l'édifice que du souvenir de ses fondateurs, l'appela Colosseum (colossal) dont nous avons fait maladroitement Colisée.

«« Les ruines du Colisée sont extrêmement imposantes, c'est surtout de nuit qu'il faut les voir, lorsque les rayons de la lune se jouent au milieu des voûtes entr'ouvertes, des escaliers rompus, des débris de gradins et de colonnes, éclairant vivement quelques points pour en plonger d'autres dans une ombre épaisse. Elles prennent alors des dimensions prodigieuses, des formes étranges. Les terribles scènes du passévous reviennent en mémoire. (Léonce Hey-

NAUD.)

On croit voir « le peuple s'assembler à l'amphithéiUre de Vespasien ; Rome entière accourue pour boire le sang des martyrs ; cent mille spectateurs, les uns voilés d'un pan de leur robe, les autres portant sur la tête une ombrelle, se répandre sur les gradins ; la foule vomie par les portiques, descendre et monter le long des escaliers extérieurs, et prendre rang sur les marches revêtues de marbre. Des grilles d'or défendaient le banc des sénateurs de l'attaque des bêtes féroces. Pour rafraîchir l'air, des machines ingénieuses faisaient monter des sources de vin et

'• ; ..s* ; fil '

Jl

Page 1