LIV. m, CHAP. VI. ARÈNES DE NÎMES
inférieure reposait sur des consoles en pierre. Ces mâts supportaient des voiles de toile destinés à garantir les spectateurs du soleil et de lapluie. (Léonce Reynaud.)
On a évalué le nombre des spectateurs que pouvait contenir le Colysée à cent vingt mille ; il faut de la complaisance pour en accorder la moitié. La surface occupée par les constructions ne s'élevait pas à plus de dix-neuf mille cinq cents mètres. L'arène, longue de quatre-vingts mètres était large de quarante-six. Le cercle de gradins qui l'entourait avait cinquante-cinq mètres d'épaisseur. La hauteur totale atteignait cinquante mètres.
Enfin ce monument justifiait l'orgueil des Romains et l'on comprend cet oracle, rapporté par Bède : « Tant que le Colysée sera debout, Rome durera ; quand tombera le Colysée, Rome doit s'écrouler, et le monde avec elle. » Le Colysée n'est plus que le débris d'un autre âge. Rome est sortie de ses ruines et le monde est encore vivant.
La France est riche en amphithéâtres. Celui de Fréjus(Var) offre encore quelque intérêt; celui de Saintes n'est plus qu'un motif de paysage, pittoresque enceinte d'une prairie ; celui de Poitiers, dont les grandes voûtes réalisaient, au milieu de nombreux jardins, l'idéal de Delille, a fait place à un marché. Mais Nîmes et Arles montrent avec orgueil des arènes admirables, moins grandes et moins riches que le
Colysée, mais à certains points de vue mieux conservées.
La première impression de Jean-Jacques Rousseau ne fut pas très-favorable à l'ampliitliéâtre de Nîmes. « J'allai, dit-il, voir les arènes : c'est un ouvrage beaucoup plus magnifique que le pont du Gard, et
Les aruiies de iNimeo.
qui me fit beaucoup moins d'impression, soit que mon admiration se fiU (''puis(''e sur le premier objet, soit que la situation de l'autre au milieu d'une ville fût moins propre ;\ l'exciter. Ce vaste et superbe cirque estentourédevilainespefites maisons, etd'autres maisons plus petites et plus vilaines encore en remplis-