‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 78 sur 191 · LIV. III, CHAP. VI. THERMES UE CARACALLA · texte numérisé non relu

LIV. III, CHAP. VI. THERMES UE CARACALLA

si vraies quant h la destination, qui sont établies d'une manière si favorable à l'économie et à la stabilité des constructions , étaient disposées suivant un ordre parfait tout en présentant la plus grande variété dans les aspects, et les formes générales les plus caractéristiques.

Ces thermes étaient situés au pied du mont Aventin; ils avaient leur entrée sur la voie Appienne. Ils contenaient seize cents sièges de marbre pour les baigneurs, au dire d'Olympiodore; il y avait des salles de bains séparées, de vastes piscines découvertes pour bains froids, quatre grandes piscines accompagnées de bassins plus petits, chauffées à différents degrés; l'une d'elles, circulaire et faisant saillie sur le bâtiment du côté du midi de manière à recevoir les rayons du soleil, avait trentetrois mètres de diamètre, une autre avait vingtquatre mètres de largeur sur cinquante-six de longueur, non compris de grandes niches latérales et deux salles aux extrémités. Les colonnes de granit qui recevaient la retombée de ses voûtes avaient quatorze mètres de hauteur; l'une d'elles a été transportée sur la place de la Trinité, à Florence, où elle est surmontée d'une statue en porphyre rouge. Le principal bassin froid avait cinquante-deux mètres sur vingt-sept; la façade de l'édifice sur la voie Appienne , trois cent cinquante-huit mètres ; le bâtiment principal, deux cent dix-huit mètres de

longueur sur cent douze de profondeur. Les portiques extérieurs s'élevaient en deux étages; ceux du rez-de-chaussée de niveau avec la voie publique, et ceux de l'étage, avec la plate-forme.

Les plus belles ruines de thermes que la France ait conservées sont à Paris et portent , comme on sait, le nom de l'empereur Julien. La salle des bains froids seule a gardé sa voûte, haute de plus de quinze mètres, et qui a soutenu durant plusieurs siècles une couche de terre de quatre pieds d'épaisseur qui formait un jardin planté de grands arbres. Les retombées de cette voûte justement admirée reposent sur des proues de vaisseau sculptées en pierre et qu'on peut considérer comme les plus anciens emblèmes de la ville de Paris.

11 existe aussi à Nîmes des restes importants qui contribuent à l'ornement d'un charmant jardin. Nous nous souvenons surtout de la gracieuse piscine froide, dont les côtés sont occupés par une colonnade basse , et divisés en chambres par des cloisons de pierre. Sur la gauche, des gradins adossés à un tertre factice et qui semblent avoir été enfermés dans une salle riche en sculptures et en colonnes, ont appartenu sans doute à une étuve; plusieurs conduits d'eau y aboutissent. Peut-être était-ce un nympliée. Ce lieu a reçu, on ne sait trop pourquoi, le nojTi de Temple de Diane.

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