TOMBEAUX ROMAIAS, MOLES, TOURS ET PYRAMIDES
« Les Romains ont eu pour maîtres, en fait d'art, les Étrusques d'abord, puis les Grecs, et leurs tombeaux rappellent cette double action. De même que le premier de ces peuples, ils établissaient la plupart de leurs monuments funéraires sur les principales voies qui donnaient accès dans la ville, et en dehors de l'enceinte. On en trouve encore aujourd'hui un grand nombre sur la voie Appienne; la voie des tombeaux de Pompéi est connue de tout le monde; et Strabon nous apprend que les environs du tombeau d'Auguste formaient une nécropole si considérable, que de loin cette ville des morts était prise pour la ville même de Rome.
« Ces monuments reproduisaient les différentes dispositions qui ont été passées en revue ; tumulus, pyramides, édicules décorés de pilastres ou de colonnes, hypogées, sarcophages, stèles avec
OU sans figures, toutes ces formes ont été adoptées par les Romains, peu inventifs, comme on sait, en matière d'art. Mais ils étaient habiles à s'assimiler ce qu'ils empruntaient aux autres peuples; leur caractère était tranché, et ils l'ont marqué dans leurs œuvres. De sorte qu'on rencontre dans le détail le cachet distinctif qui manque à la conception.
« Le tumulus a dû être la disposition la plus habituellement employée aux débuts de la société romaine, et il ne paraît pas qu'elle ait été jamais abandonnée. C'était, par exemple, un véritable tumulus que le tombeau érigé à Auguste dans le champ de Mars; mais un tumulus d'un luxe et d'une importance dont les Étrusques n'avaient sans doute jamais approché. » (Léonce Reynaud.)
On voit encore les ruines de ce mausolée, près du port de Ripette, dans une rue détournée. Il fut détruit, pense-t-on, par le Normand Robert Guiscard, vers le onzième siècle; et sa voûte effondrée forma un terre-plein suffisant pour y établir une arène entourée de loges et de gradins comme les amphithéâtres et dans laquelle on donne des combats de taureaux et d'autres sortes de spectacles. Il n'en reste plus que les murs de soubassement, d'ouvrage réticulaire et d'une épaisseur si considérable que dans leurs flancs sont creusées les chambres sépulcrales, dont treize sont encore visibles. Le premier