‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 80 sur 191 · LIV. III. CHAP. VII. MOLES D'ADRIEN · texte numérisé non relu

LIV. III. CHAP. VII. MOLES D'ADRIEN

qui y fut enterré paraît avoir été, suivant un vers de Virgile, Marcellus, neveu d'Auguste.

Cet édifice était de forme circulaire et pyramidale, les trois étages élevés au-dessus de la base formant retraite les uns sur les autres". Sur le dernier ordre s'élevait une voûte en coupole de cent trente-deux pieds de diamètre, sur laquelle on voyait la statue d'Auguste. Chaque étage avait ses chambres sépulcrales et tous étaient recouverts de marbre blanc et ornés de pilastres. La hauteur totale était de cent cinquante coudées. On entrait par une porte unique aux deux côtés de laquelle étaient deux obélisques. L'un d'eux a été transporté devant la façade postérieure de Sainte-Marie-Majeure et l'autre sur la place de Monte-Gavallo.

« C'est encore aux tumulus qu'il faut rattacher le mausolée d'Adrien, l'édifice de ce genre le plus considérable que les Romains aient exécuté. Ses restes mutilés forment aujourd'hui le château Saint- Ange.... Ce tombeau était divisé en deux parties : l'une carrée, l'autre circulaire. La première se composait d'un soubassement, et d'un étage décoré de grandes niches et de colonnes doriques; la seconde comprenait, outre un soubassement, deux portiques superposés, en retraite l'un sur l'autre, au-dessus desquels s'élevait un couronnement conique que terminait une énorme pomme de pin en bronze. En arrière des portiques était un mur plein, et des

Statues étaient placées entre les colonnes. Cette immense construction était exécutée en marbre blanc. Les restaurations portent à quatre-vingt-dix mètres la longueur d'un des côtés du corps carré, à soixante mètres le diamètre du premier portique circulaire et à quatre-vingt-quinze mètres la hauteur de ce monument, témoignage d'orgueil. » (Léonce ReY-

NAUD.)

Ce mausolée ou môle, élevé par Adrien (deuxième siècle) près du Tibre et presque en face du tombeau d'Auguste, servit de sépulture aux Antonins. En 537 il était encore entier, quand ses statues servirent de projectiles à une garnison assiégée. Ruiné, au moyen âge, par les factions, rétabli par Alexandre VI en 1499, il a depuis lors été la principale défense du Vatican.

Le président Deb rosses a dit :

« J'ai bien moins de plaisir à voir le château Saint- Ange muni de ses cinq bastions, qu'à me le figurer tel qu'il était autrefois en tour à trois étages, entouré de portiques en colonnades et de statues. »

Les tombeaux en forme de tours, dont les Romains paraissent avoir fait grand usage, doivent être rangés dans la même classe que les précédents. Ce sont des tumulus entièrement exécutés en maçonnerie, et dont le soubassement a reçu plus de hauteur que ne comportaient ceux de ces anciens monuments. Tels sont les tombeaux bien connus et

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