‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 89 sur 191 · LIV. IV. CHAP. I. LE SAINT-SÉPULCRE · texte numérisé non relu

LIV. IV. CHAP. I. LE SAINT-SÉPULCRE

subit vers l'an 1009 les outrages du sultan d'Égypto Hakem, fondateur de la religion des Dr uses. Les croisés la restaurèrent. En 1806, un incendie la dévasta de fond en comble, à ce point qu'on lit dans Chateaubriand : « Je suis, pour ainsi dire, le dernier voyageur qui l'ait vue et j'en serai par cette raison même le dernier historien. ► Toutefois, elle existe encore. Au moins la partie principale de l'église a-t-elle survécu à toutes ces vicissitudes.

Elle se composait, en eflet, de trois églises : celle du Calvaire, celle de l'Invention de la Sainte-Croix, et enhn celle du Saint-Sépulcre , bâtie au pied du Calvaire, à l'endroit même où l'on suppose que le Christ fut enseveli.

Le Saint-Sépulcre, objet de notre description, occupe la grande nef de l'église. C'est une chapelle circulaire, revêtue d'une coupole. « Seize colonnes de marbre ornent le pourtour de cette rotonde ; elles soutiennent, en décrivant dix-sept arcades, une galerie supérieure, également composée de seize colonnes et de dix-sept arcades, plus petites que les colonnes et les arcades qui les portent Des niches correspondantes aux arcades s'élèvent au-dessus de la frise de cette dernière galerie ; et le dôme prend naissance sur l'arc de ces niches. Celles-ci étaient autrefois décorées de mosaïques représentant les douze apôtres , sainte Hélène, l'empereur Constantin, et trois autres portraits inconnus.

« Le chœur de l'église du Saint-Sépulcre est à l'orient de la nef du tombeau; il est double comme dans les anciennes basiliques : c'est-à-dire qu'il a d'abord une enceinte avec des stalles pour les prêtres, et ensuite un sanctuaire reculé et élevé de deux degrés au-dessus du premier. Autour de ce double sanctuaire régnent les ailes du chœur, qui communiquaient par deux escaliers aux églises du Calvaire et de la Sainte-Croix. » (Chateaubriand.)

M. de Lamartine a décrit le Saint-Sépulcre avec un enthousiasme sincère, bien qu'un peu exagéré.

«C'est, à l'extérieur surtout,unvaste et beau monument de l'époque byzantine ; l'architecture en est grave, solennelle, grandiose et riche pour le temps où elle fut construite ; c'est un digne pavillon jeté par la piété des hommes sur le tombeau du fils de l'Homme. A comparer cette église avec ce que le même temps a produit, on la trouve supérieure à tout. Sainte-Sophie, bien plus colossale, est bien plus barbare dans sa forme; ce n'est au dehors qu'une montagne de pierres flanquée de collines de pierres; le Saint-Sépulcre, au contraiie, est une coupole aérienne et ciselée, où la taille savante et gracieuse des portes, des fenêtres, des chapiteaux et des corniches ajoute à la masse l'inestimable prix d'un travail habile, où la pierre est devenue dentelle x)Our être digne d'entrer dans ce monument élevé h la plus grande pensée humaine.

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