UV. IV. CHAP. I. SAINT-VITAL DE RAVENNE
«Telle qu'elle est maintenant à l'extérieur, avec sa masse byzantine et ses décorations grecques, gothiques et arabesques, avec les déchirures mêmes, stigmates du temps et des barbares, qui restent imprimées sur sa façade, elle ne fait point contraste avec la pensée qu'on y apporte, avec la pensée qu'elle exprime ; on n'éprouve pas à son aspect cette pénible impression d'une grande idée mal rendue, d'un grand souvenir profané par la main des hommes : au contraire, on se dit involontairement : « Voilà ce que j'attendais. L'homme a fait ce qu'il a pu faire de mieux. Le monument n'est pas digne du tombeau, mais il est digne de cette race humaine qui a voulu honorer ce grand sépulcre. »
55 4. Saint- Vital de Ravenne (sixième siècle).
Les églises de Sainte-Sophie, de Saint-Marc et du Saint-Sépulcre sont les modèles et les prototypes de tous les édifices 'byzantins, caractérisés par des coupoles et souvent par des chapiteaux cubiques
« En Occident, c'est sur le territoire italien que l'architecture byzantine se montre pour la première fois. » Ravenne, dernier asile des empereurs dégénérés, dernier boulevard d'un État morcelé dont Rome n'était plus le centre, aujourd'hui cité triste et déserte, conserve encore l'égHsc dédiée à son patron, saint Vital, au sixième siècle de notre ère.
« Commencé vers 547 , cet édifice s'éleva rapidement, et fut consacré par l'archevêque Maximianus, en présence de l'empereur Justinien et de l'impératrice Tliéodora.
« Dans son état primitif, le plan est de forme octogonale ; huit piliers soutiennent la coupole centrale, et ils sont réunis deux à deux, sauf ceux qui correspondent à l'abside, par de grandes niches comprenant deux rangs de colonnes; cette tlisposition est analogue à celle qui constitue l'un des caractères distinctifs de Sainte-Sopliie et de Saint- Serge. Les bas côtés sont couverts par des voûtes d'arête, tant au rez-de-chaussée qu'à l'étage supérieur.
« La décoration intérieure consistait, comme celle de Sainte-Sophie, en revêtements de marbre et en mosaïques; mais la plupart de ces ornements ont disparu dans les restaurations successives dont l'édifice a été l'objet. Il ne'reste, en fait de mosaïques, que celles du chœur, et elles sont admirables. La plus détestable peinture qu'on puisse imaginer a remplace celles qui décoraient la voûte principale; elle représente un portique de colonnes corinthiennes, etdissinmle complètement la forme sur laquelle elle s'appuie.
" Les détails de l'architecture portent le même cachet que la disposition générale; ils sont complètement en dehors des traditions romaines et rentrent tout à fait dans les formes byzantines. Les colonnes