LIV. IV. CHAP. I. AIX-LA-CHAPELLE
n'ont même pas été empruntées à d'anciens édifices, ainsi que le prouvent les larges filets de la base et du sommet, lesquels constituent un des caractères de l'architecture byzantine. » (Léonce Reynaud.)
Les chapiteaux, carrés à leur partie supérieure, passent par des gradations insensibles à la forme circulaire ; un treillis sculpté à jour les recouvre et atténue l'indigence de leur contour. Toutefois ceux qui se remarquent dans la galerie du premier étage rappellent un peu le composite ; mais les feuilles sont très-aiguës et les volutes atrophiées. En somme, il y a bien moins de réminiscences classiques à Saint-Vital qu'à Sainte-Sophie. « On dirait que l'architecte, évidemment byzantin, a voulu résolument planter son drapeau sur le sol où s'était .développé l'ancien art et établir que l'art nouveau n'avait rien à demander au passé. Saint- Vital devait produire et produit môme encore beaucoup d'effet. Ses formes pourraient être plus dignes, plus austères ; mais elles présentent de la variété, de l'ampleur et un caractère monumental très-prononcé. La partie centrale surtout est conçue sur de belles proportions. » (LÉONCE Reynaud.)
Gharlemagne prit modèle sur cette église pour celle d'Aix-la-Chapelle, qui peut être citée encore parmi les plus beaux restes de cette architecture demi-classique, demi-orientale, qui remplaçait les reliefs de la sculpture par des placages, des mosaï-
(jues et des dorures. Toutefois, ceux qui visitent aujourd'hui Aix-la-Ciiapelle ne partagent pas l'admiration exclusive de Charlemagne pour cette basilique qu'il regardait comme surpassant par son architecture tous les édifices religieux.
Le talent et le goût des architectes de l'Occident étaient alors tombés au plus bas. Et l'on ne peut s'en étonner si l'on note que Charlemagne , l'un des hommes les plus intelligents de son temps, en savait bien moins qu'un enfant de nos écoles primaires. En fait, «à peine pouvait-on trouver des ouvriers en état de sculpter un chapiteau, peut-être même de tailler une colonne monolithe. Telle était la détresse à cet égard, que la ressource la plus ordinaire était de dépouiller les édifices anciens pour décorer les modernes. Charlemagne fit transporter de Ravenne à Aix-la-Chapelle des colonnes de granit qu'on ne sut pas même disposer convenablement, (Elles furent placées à l'intérieur des arcades de la galerie supérieure). »
La basilique de Charlemagne n'est vraiment intéressante (juepar les souvenirs qu'elle conserve. C'est un sanctuaire hislori(iue. « Voilà bien, dit un voyageur, les portes d'airain que fit poser Charlemagne. Celte nef est la chapelle octogone qu'il bâtit dans le .style du Bas-Empire, et que le pape Léon III consacra ; je vois la ])lace où l'Empereui- courbait son fi'ont devani 1(> .M;u'(r(.' des cieux.... Ces croisées, ou-