LTV. IV. CHAP. I. CAHORS
vertes par ses ordres, sont encore ornées de verres polis et taillés, dans lesquels l'art a incrusté l'or. Ses preux et tous les grands de son royaume, ou tous les Pères des conciles pouvaient se placer au-dessus des voûtes, sur les bas côtés de la rotonde. Là est le fauteuil de marbre blanc, autrefois couvert de lames d'or, où il reposa dans un caveau pendant 352 ans.... »
Saint-Étienne de Cahors donnera encore une idée des constructions byzantines carlovingiennes.
Deux vastes coupoles, dont le diamètre atteint presque vingt mètres, couvrent entièrement la nef. Au-dessus de l'abside, sur de lourds piliers romans du onzième siècle transformés par l'addition de sveltes colonnes, s'élève une voûte construite en 1293. Le rond-point du chevet et les chapelles absidales, bien que traités dans un style plus orné, s'associent bien aux coupoles , qui leur sont un peu antérieures.
Dans l'origine, le sombre édilice n'était éclairé que par de rares ouvertures ; l'architecte gothique y fit pénétrer la lumière au risque d'en altérer le caractère imposant. 11 perça dans chaque coupole une troisième fenêtre, et couronna de cintres brisés, sous Ja voûte dont il était l'auteur, deux rangées de vastes baies divisées par de légers meneaux. Plusieurs chapelles latérales ajoutées à la nef durant les trois siècles gothiques sont venues malheureusement modi-
fier le plan primitif; mais grâce à ces deux coupoles dont la base est portée à près de vingt mètres par des piliers énormes et de superbes arcades, l'église a conservé son aspect majestueux.
§ 5. Saint-Front de Périgueux (dixième siècle).
o: Saint-Marc s'élevait à peine au-dessus du sol, que cet édifice était célèbre et servait de modèle. En 984, une vaste église, celle de Saint-Front, est fondée à Périgueux, et elle reproduit le monument vénitien dans toutes ses dispositions essentielles. C'est le jnêmeplan, abstraction faite du vestibule ajouté aprè.s coup à Saint-Marc, et ce sont à peu près les mêmes dimensions. Il est incontestable qu'il y a eu reproduction. Est-elle due à un architecte français qui avait visité Venise? A-t-elle été exécutée sur les dessins qu'il se serait procurés? Cela importe peu. Ce qui est remarquable, et ce qui éloigne l'idée de l'intervention soutenue d'artistes étrangers, c'est que, si la disposition générale est byzantine, la construction et l'orncmenlation appartiennent à l'artqui régnait alors dans cette partie de la France, à celui de la décadence romaine. La décoration byzantine ne s'est introduite chez nous qu'à une époque postérieure. Il est également digne de remarque que les grands arcs qui supportent les coupoles, et ces coupoles elles-mêmes, n'ont pas pour directrices des demi-circonférences