L'ART GREC
blent à rhomme que le rare accord dîun esprit noble et d'un corps sain élève au-dessus de ses semblables. Avec des proportions ordinaires ils foiit naître en nous le sentiment de la majesté.
Avant de décrire quelques-uns des chefs-d'œuvre anéantis ou défigurés par des dévastations successives, il est nécessaire d'indiquer au moins les traits saillants des trois ordres d'architecture transmis par les Grecs aux Romains et que nous retrouverons chez les peuples de l'Occident, élèves et héritiers directs de l'antiquité.
L'ordre dorique, le plus ancien, le plus simple et peut-être le plus noble de tous, semble reproduire en pierre ou en marbre les constructions que les Hellènes, encore barbares, élevaient, non sans une sorte de grâce trapue, avec les poutres fournies par les forêts Thessaliennes. Des colonnes courtes, épaisses du pied , d'ordinaire allégées par des canelures qui en dissimulent la rondeur, reposent directement et sans base sur un soubassement continu, formé de trois marches. Le chapiteau, austère et nu, porte sur un large tailloir une haute plate-bande, nommée architrave , lisse et sans ornement. Les extrémités apparentes des solives transversales et les vides qui les séparent ont donné naissance aux triglyphes et aux métopes,, attributs de la frise dorique ; seulement les vides ont é],é remplis, et les métopes ont successivement reçu
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décroissantes; de riches caissons sculptés divisaient le plafond de marbre blanc.
Le grand escalier des Propylées longe, à droite , une muraille élevée qui sert de soubassement au petit temple de la Victoire sans ailes , démoli en 1687 par les Turcs pour faire place à une batterie, et depuis relevé pierre à pierre par deux architectes allemands. Athènes l'avait dédié à sa divinité protectrice, Athénè ou Minerve. La déesse était assise dans son temple ; les frises représentaient les combats où elle avait assuré l'avantage à son peuple , et sur la balustrade de marbre , les Victoires , ses messagères ailées, semblaient attendre ses ordres.
Tout rédifîce est de marbre pentélique ; les fûts des colonnes sont d un seul morceau. Les basreliefs du sud et de l'ouest ont été enlevés et transportés en Angleterre par lord Elgin, le funeste amateur. Tout petit et tout ruiné qu'il est, ce temple est , avec l'intérieur du vestibule des Propylées, l'un des plus anciens modèles grecs de l'ordre ionique. On l'attribue,. non sans raison, à l'administration de Gimon, prédécesseur trop peu vanté de Périclès. L'orateur Lycurgue aurait, postérieurement, ajouté la décoration de la balustrade. -/ r Ces intéresants débris nous ont initiés à la pure beauté grecque ; ils nous préparent à la contemplation de ce Parthénon que les voyageurs et les