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LES PORTES D'AUTUN

fut saccagée et brûlée ; ses temples et ses édifices publics furent renversés pour la plupart. Attila poursuivit l'œuvre de dévastation, lorsqu*il s'en empara au milieu du cinquième siècle ; puis les Bourguignons et les Huns se disputèrent sa ruine ; enfin RoUon et les Normands trouvèrent encore quelque chose à détruire, et leur passage fut le dernier et le plus terrible coup porté à cette ville malheureuse. *

r Les murailles, en tout semblables à celles de Ntmes, mais plus hautes encore et plus épaisses, formaient une enceinte de cinq kilomètres, flanquée de deux cent vingt tours rondes. Les deux portes qui subsistent encore, les plus entières que Ton connaisse, ont deux grandes baies hautes de quatre mètres, larges de deux, et deux plus petites. Deux grosses tours, carrées dans leur masse, mais arrondies en demi-cercle à leur partie antérieure, forment les côtés du monument. Les quatre ouvertures, voûtées en plein cintre, sont couronnées de dix arcades. Les pilastres cannelés de la galerie ont été imités dans la cathédrale ( douzième siècle), où ils remplacent les colonnes engagées. Les deux portes sont bâties en pierre de taille posées à sec ; leur style mâle et sévère est d'un aspect imposant.

La porte de Reims, élevée sous le règne de Julien, en 860, est, bien que de la décadence, fort iutér^^-

110 MERVEILLES DE L'ARGHITEGrURE.

santé par quelques bas-reliefe et surtout par une disposition unique, étant formée de trois arcs presque égaux qui reposent sur la même imposte.

De l'arc de triomphe à la porte oi:née, il n'y a 'pas loin ; Tare de triomphe est une porte isolée ; aussi a-t-on souvent rangé parmi les arcs les portas que nous venons de décrire. Nous possédons plusieurs arcs de triomphe romains, mais presque tous de la décadence. Un seul, très-simple, et percé de deux cintres égaux comme les portes de ville, remonte au siècle d'Auguste. Il est situé à Saintes, sur le bord de la Charente, dans un emplacement très*favorable où on Ta transporté pierre à pierre. Autrefois il ornait le milieu du pont.

Le plus célèbre des arcs romains en France est celui d'Orange ; nul voyageur n'oublie d'aller contempler ses trois cintres et les sculptures qui les décorent. 11 a été heureusement réparé « par des architectes qui se sont bornés à consolider les masses et qui ont eu le bon esprit de ne pas chercher h refaire les détails. » Là comme ailleurs, les hommes avaient avancé l'œuvre de destruction , bien plus que les éléments. On admire à bon droit la composition des trophées maritimes ou fluviatiles, la belle exécution de leurs détails et le désordre pittoresque des cordages, des antennes, des mâts et des éperons de navire. D'étroites analogies semldent

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