UN TOMBEAU. A SAINT-REMY
assigner aux arcs de triomphes de la Provence, Orange, Saint-Rémy, Carpentras, la même date et la même destination. On croit qu'ils célèbrent tous les victoires de Marc-Aurèle en Germanie et sur le Danube .
C'est en Italie, à Bénévent, que Ton trouve le plus bel arc éleyé par les Antonins. Une ancienne tradition le désigne sous le nom de Porte-d'Or. Il ressemble à l'arc de Titus par sa baie unique, sa frise ornée d'un 4éfilé triomphal, ses bas-reliefs ménagés entre les colonnes ; l'ensemble et les détails ont •échappé aux barbares et au temps. Un peu plus .haut que l'arc du Carrousel, tout entier en marbre de Paros , remarquable par la beauté de ses proportions et la richesse de son style composite, il fait le plus grand honneur au règne de Trajan, dont il célèbre les victoires , et à son auteur, l'architecte Apollodore de Damas.
Parmi les tombeaux romains de la Provence, nous en citerons deux d'une forme originale. L'un, situé près de Vienne , porte sur un soubassement voûté et percé de quatre arcades une pyramide haute de quinze mètres. L'autre, à Saint-Rémy, est élevé sur deux gradins ; son soubassement carré est orné de très- beaux bas-reliefs et de guirlandes qui rattachent des pilastres angulaires, d'ordre ionique. Un premier étage s'élève au-dessus de la moulure qui termine le «niihasseir cl^AiiW!^ 4m^
faces, s'ouvre une arcade richement ornée ; et quatre colonnes corinthiennes sont engagées dans les quatre angles. Des génies courent sur la frise. Le couronnement du tombeau est formé d'une élégante colonnade circulaire couverte par un cône orné d'écaillés imbriquées. Au milieu des colonnes se sont conservées deux statues.
La France est assez riche en amphithéâtres romains pour que nous laissions de côté, malgré leurs mérites, les célèbres arènes de Vérone et de Pola. Ntmes et Arles nous suffiront.
Au siècle dernier, J. J. Rousseau se plaignait de l'état d'abandon où étaient laissées les Arènes de Nîmes. « Ce vaste et superbe cirque, écrit-il, est entouré de vilaines petites maisons, et d'autres niaisons plus petites et plus vilaines encore en remplissent l'arène, de sorte que tout ne produit qu'un effet disparate et confus où le regret et Tindignation étouffent le plaisir et la surprise. > Vers 1810 seulement, un acte de l'autorité ordonna le déblaiement du cirque et la démolition des masures qui Tencombraient. Rien ne trouble aigourd'hui l'admiration à laquelle il a droit.
Les Arènes de Ntmes sont situées au midi de la ville et non loin de l'enceinte antique. L'ellipse y est moins sensible qu'ailleurs ; leur pourtour mesure cent trente mètres sur cent un. Contemporaines, à ce qu'on croit, du Colisée, elles pouvaient
LBS ABÈNESDB NtMBS. 113
comme lai se transformer en Naumachïe, L'extérieur, très-bien conservé, n'était que d'une hauteur moyenne. Les deux rangs de portiques & arcadei qui en forment la décoration sont d'une ordonnance à la fois ferme et simple, assez voisine du dorique , sans en réunir tous , les caractères.
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Les arènes dci Nlmei.
L'intérieur ne présente qu'un amas pittoresque de ruines ; mais on en distingue bien les parties essentielles. Les gradins, au nombre de trente-cinq , étaient divisés en quatre précinctions ou classes, munies chacune d'issues et d'escaliers particuliers. L'habile distribution des galeries, des rampei.
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des vomitoires , épargnait aux nombreux spectateurs (il y avait vingt mille pfaces} les ennuis et l'encombrement que ne savent point éviter les architectes de nos modernes théâtres.
L'amphithéâtre d'Arles est plus vaste encore. C'est le plus grand de ceux que l'on connaisse en
Amphithéâtre d'Arles.
France. Il est bâti sur des voûtes élevées et trèssolides. Il est Impossible de voir rien de plus imposant que l'intérieur de cet édifice, construit d'énormes blocs taillés avec une prédsion toute romaine. Les deux étages de portiques extérienrs sont séparés par une corniche , au profil mainte- '
LES AKÈNES û'ARLES. 115
nant presque méconnaissable, qui repose sur des colonnes engagées entre chaque arcade. Le premier étage appartient au dorique robuste. L'étage supérieur est corinthien comme le prouve une colonne, la seule qui ait conservé son chapiteau. L'attique a disparu.
Le» Arènes d'Arles doivent-elles être attribuées aux Antonins, ou seulement à Probus (280)? C'est ce qu'on ignore. Qu'importe? En les contemplant, gigantesques encore au milieu des ruelles tortueuses et des enfants déguenillés qui se roulent sous le soleil ardent , on peut s'écrier avec Théodoric , up grand roi barbare : « Nous devons à l'antiquité de beaux ouvrages, c'est nous acquitter que de les rajeunir. »
On lira avec intérêt le parallèle que M. Mérimée établit entra les deux cirques.
^ « ANtmes, les Arènes, débarrassées de toutefi les masures qui les encombraient, occupent maintenant le centre d'une vaste place , où , d'un seul coup d'œil, on peut^en embrasser l'ensemble, tandis qu'à Arles, le voisinage des maisons et la pente du terrain ne permettent de saisir que des échappées de vue de l'amphithéâtre antique.
< Bien que les portiques extérieurs de Ntmes, ressemblent beaucoup à ceux d'Arles, on y observe quelques différences qui ne sont pas à l'avantage des premiers. Par exemple, le centre des archi-
voltes intérieures du second étage, et celui des archivoltes extérieures, n'est pas le même, irrégularité qui choque Tœil le moins exercé, et que rien ne justifie. A Ntmes, aussi bien qu'à Arles, les galeries du premier étage sont formées par une suite de voûtes encadrées entre deux bandeaux d'une seule pierre posant sur des pieds-droits ; aux Arènes d'Arles, la bizarrerie de cette construction est moins apparente.
' Si les Arènes d'Arles sont mieux conservées à l'intérieur, l'enceinte de celles de Nîmes est presque intacte et leur couronnement n'a souffert que médiocrement ; il conserve encore la plupart des corbeaux où s'implantaient les mâts destinés à soutenir les voiles qui abritaient les spectateurs. Réunis, ces deux amphithéâtres fournissent des détails à peu près complets sur la construction de ces monuments dont la destination et les proportions gigantesques annoncent un état si différent du nôtre. » - ' -J
Il s'en faut que nous soyons aussi bien fournis de thermes que d'amphithéâtres. Les plus connus sont ceux de Julien, à Paris. La salle des bains froids a seule gardé sa voûte, haute de plus de quinze mètres, et qui a soutenu durant plusieurs siècles une couche de terre de quatre pieds d'épais^ saur capable de nourrir un jardin et de grands arbres. Les retombées de cette voûte justement