PONT D'ALCANTARA
rangs d'arcades, il s'étend sur une longueur de douze kilomètres. Ses grands blocs gris tachetés de noir, entassés sans ciment, ^t où pas une herbe n'a pu trouver une fente, ajoutent leur couleur sévère à Taspect grandiose de la construction. On ne sait s'il faut l'attribuer 'à Vespasien (69 de notre ère), ou à Adrien (117) ; Isabelle la Catholique en , a relevé trente-cinq arches. Il fonctionne encore, et porte à la ville une petite rivière appelée Rio- Frio.
Le Pont d Alcantara, sur le Tage, n'est plus un aqueduc; c'est un véritable pont, dé cent quatrevingt-huit mètres de long sur huit de large et soixante de hauteur. C'est un ouvrage de Trajan, empereur originaire d'Espagne (98 de notre ère). Il forme six arches de grandeurs différentes, entièrement construites de granit et sans ciment. L'une des petites arches, abattue en 1213 parles Sarrasins, avait été relevée par Charles-Quint en 1513. De nouveau coupée en 1808 par les Anglais, rétablie en bois, incendiée en 1836, elle n'a pas été rebâtie. On paâse le Tage en bateau, quand il serait si aisé de réparer un pont qui durera des siècles encore.
Un autre Alcantara (mot arabe qui signifie le pont), situé en Afrique, au sud de Constantine, nous a conservé un pont d'une seule arche jeté sur une ravine étroite et profonde où passe un torrent.
134 MERVEILLES DB L'ARCUITEjLTUKE.
11 semble que remplacement ait été choisi pour le plaisir des yeux. Du pont, la vue s'étend sur une admirable oasis où l'on compte jusqu'à soixantequinze mille pieds de palmiers. Tout le nord de TAfrique ne fut pas moins romain que la Gaule et l'Espagne ; Hippone, Carthage, Alexandrie, étaient, sous l'empire, des centres intellectuels comme Lyon et Cordoue. Devant cette civilisation foulée aux pieds, anéantie, on est bien forcé d'avouer que tout n'est pas progrès dans l'histoire de l'humanité.
3 2. PALMTRE ET BALfiEK.
Le style occidental diffère assez peu du propre goût romain; dans les Gaules, en effet, l'architecture importée d'iblie n'eut à lutter contre aucun art national ; les Celtes ne savaient bâtir que des maisons rondes, en terre ; et leurs dieux n'avaient pour demeures que les dolmens et les allées couvertes. Si l'origine grecque des villes méditerranéennes y avait davantage favorisé les arts, si Marseille était une image lointaine d'Athènes ou de Phocée, Tarchitecture romaine y retrouva et y suivit les traditions qui la guidaient elle-même.
lien fut un peu autrementen Afrique et en Asie. Rome y succéda il est vrai à la Grèce ; mais l'in-