PALMYRE
fluence grecque avait été de trop courte durée pour effacer entièrement les souvenirs des dominations précédentes. L'Egypte, TAssyrie, la Lydie, la Phrygie, la Gappadoce, résistèrent à la Grèce et à Rome, bien plus par leur nationalité persistante que par leurs armes. Les Ptolémées et les Antonins mêmes, qui réparèrent et construisirent beaucoup en Egypte, durent adopter les formes traditionnelles des pilones et des hypogées; et rien ne ressemble plus à première vue au palais de Sésostris que les colonnades de Philae ou les ruines d*Antinoë, ville d'Adrien. Le style égyptien s'y est abâtardi sans se renouveler*
L'Asie Mineure, grâce à l'affinité des peuples et à la proximité de l'Europe, fut plus docile et se prêta mieux à la fusion. Le temple d'Ancyre, dont les murailles portent, en longues inscriptions récemment déchiffrées, le testament de l'empereur Auguste, ne serait pas déplacé en Italie. Mais l'exemple le plus fameux d'architecture classique en Orient est offert par les ruines de Palmyre et de Balbek. Bien qu'on remarque en ces lieux des débris plus antiques, la masse porte le caractère gréco-romain.
Strabon ne fait pas mention de Palmyre ; Pline la dépeint ainsi : < Palmyre est remarquable à cause de sa situation, de son riche terroir et de ses ruisseaux agréablea^l^iAius côtés, un vaste
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désert la sépare du reste du monde, et elle a conservé son indépendance entre les deux grands empires de Rome et des Parthes. > Mais, en Tan 270 de notre ère, sa reine Zénobie se fît battre par Aurélien.; peu de temps après, le massacre d'une garnison romaine amena la destruction delà ville. Aurélien la rebâtit, et répara le temple du Soleil. Après lui Dioclétien et Justinien embellirent encore Palmyre.
Les ruines de Palmyre ou Tadmor, se trouvent à une égale distance entre TOronte, fleuve de Syrie, et TEuphrate, fleuve de Ghaldée. Derrière un aqueduc et de hauts tombeaux, une file de colonnes debout, et dont la seule base dépasse la hauteur d'un homme, occupe un espace de plus de deux mille six cents mètres. Ici, la chute de plusieurs colonnes rompt la symétrie des portiques» des palais, des temples à demi renversés. Là, elles fuient sous Tœil dans le lointain en lignes pareilles à de longues avenues d'arbres sans feuillages. Ce ne sont à terre que fûts renversés, chapiteaux écornés, vastes pierres péle-méle, frises, entablements rompus, tombeaux violés, autels souillés dépoussière. L'architecture, dit Volney, avait surtout prodigué sa magnificence dans le temple du Soleil. Le long de Tenceinte carrée régnait un double rang de colonnes ioniques ; le péristyle est formé de quarante colonnes ; la façade ressemble à
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la colonnade du Louvre, sans lui avoir servi de modèle. La saule difTérence est qu'ici les colonnes sont isolées, et qu'à Paris elles marchent deux à deux. Partout se voit Temblème du Soleil, le disque ailé, que nous allons retrouver à Balbek.
« Balbek, célèbre chez les Grecs et les Latins, sous le nom d'Héliopolis, ou ville du Soleil, est située au pied de F Anti-Liban, précisément à la dernière ondulation de la montagne dans la plaine. En arrivant par le midi, l'on ne découvre la ville qu'à la distance d'une lieue et demie, derrière un rideau d'arbres dont elle couronne la verdure par un cordon blanchâtre de dômes et de minarets. Au bout d'une heure de marche, l'on arrive à des arbres qui sont de très-beaux noyers ; et bientôt, traversant des jardins mal cultivés, par des sentiers tortueux. Ton se trouve conduit au pied de la ville. Là, se présente en face un mur ruiné, flanqué de tours carrées, qui monte à droite sur la pente et trace l'enceinte del'ancienne ville. Ce mur, qui n'a que dix à douze pieds de hauteur, laisse voir dans l'intérieur des terrains vides et des décombres qui sont partout l'apanage des villes turques. » (Volney). ^
Lorsqu'on a gravi la terrasse formée d'énormes blocs, le premier coup d'œil se porte naturellement, au boii|||0BM||||e cour, sur six magnifî-
dessine sur le de}
clair le Liban, dont les flancs ont une couleur de cendre rougie; On est devant le péristyle d'uu grand temple.
Ces admirables colonnes, faites de deux ou trois blocs seulement, si parfaitement ajustés qu'on peut à peine en distinguer les joints, ont plus de deux mètres de diamètre et vingt-trois d'élévation; leur matière est d'un jaune légèrement doré qui tient le milieu entre l'éclat du marbre et le mat du travertin. Rien de plus riche que leurs chapiteaux et leurs entablements sculptés.
A gauche des six colonnes, on voit l'édiGce le plus complet de Balbek, le temple de Jupiter héliopolitain. Il est plus petit et situé plus bas que l'autre. Ses colonnes, également corinthiennes, sont presque aussi grosses, mais beaucoup moins hautes; elles ne sont donc pas comparables aux premières pour la hardiesse et la beauté des proportions. On en compte encore trente-huit, et l'enceinte serait entière si le temps n'avait balayé toute la colonnade de la face méridionale, «t Les chapiteaux, lestambours, ont comblé la profondeur des remparts, et forment un escalier de débris qui conduit jusque sur la plate-forme. Une seule colonne a glissé sans se rompre du haut du rempart et demeure appuyée contre le mur, comme le tronc d'un arbre déraciné. Dès qu'on arrive sous le portique, on est frappé de la richesse du plafond ;