STYLES LATIN ET BYZANTIN
Ç 1. Quelques mots sur les Basiliques. Saint-Paul hors les murs; Sainte-Marie Majeure; Saint-Clément; Sainte-Constance; le Baptistère de Constantin; Saint-Ètienne-le-Rond.
Vers les temps de Constantin, des lois communes s'imposaient à tous les architectes du monde romain. Mais dès que la capitale eut été transférée à Byzance, les liens de la tradition se relâchèrent; rendu à lui-même, le goût oriental, qui avait introduit à Rome l'emploi des mosaïques et des marbres précieux, demeura libre de sacrifier les proportions à la masse, la beauté des lignes à l'éclat des ornements. De là un art nouveau qui, sans inventer rien, changea tout selon son instinct et, de ce qui était à Rome une exception, fit son objet principal et son caractère : il s'appropria la coupole. On pense que l'influence
îhœur s'étendirent en forme de bras, pour figurer ^a croix : ce développement prit le nom de transsept; le carré du transsept, ainsi appela-t-on le point d'intersection de la grande nef avec cette nouvelle nef transversale, fut éclairé par une tour ou lanterne. Puis Tabside fut doublée par une galerie nommée collatérale ; puis des chapelles apparentes furent percées dans les murs, sur tout le pourtour de l'église. Ainsi, ces transformations successives par où passa la basilique avant de devenir la cathédrale gothique, s'opérèrent toujours sur le plan primitif donné par les architectes romains.
La façade de la basilique était décorée d'un portique ou porche qui régnait sur toute sa longueur, et dont la toiture apparente s'appliquait contre un attique surmonté d'un fronton. En avant du portique s'étendait un atrium^ cour carrée intérieurement contournée par une galerie. Au milieu de la cour, une fontaine était destinée aux ablutions. La porte d'entrée était protégée par un auvent ou portail. Ces accessoires ont graduellement disparu.
Nous ne trouvons plus en Gaule de basiliques latines; h peine y en existe-t-il encore quelques fragments. Mais Rome nous en présente un bon nombre qui, malgré des remaniements postérieurs, ont, intérieurement du moins, conservé la physio-
lœur s'étendirent en forme de bras, pour figurer ^la croix : ce développement prit le nom de trans- ^sept; le carré du transsept, ainsi appela-t-on le point d'intersection de la grande nef avec cette ^ nouvelle nef transversale, fut éclairé par une tour ou lanterne. Puis Tabside fut doublée par une galerie nommée collatérale ; puis des chapelles apparentes furent percées dans les murs, sur tout le pourtour de l'église. Ainsi, ces transformations successives par où passa la basilique avant de devenir la cathédrale gothique, s'opérèrent toujours sur le plan primitif donné par les architectes romains.
La façade de la basilique était décorée d'un portique ou porche qui régnait sur toute sa longueur, et dont la toiture apparente s'appliquait contre un attique surmonté d'un fronton. En avant du portique s'étendait un atrium^ cour carrée intérieurement contournée par une galerie. Au milieu de la cour, une fontaine était destinée aux ablutions. La porte d'entrée était protégée par un auvent ou portail. Ces accessoires ont graduellement disparu.
Nous ne trouvons plus en Gaule de basiliques latines; h peine y en existe-t-il encore quelques fragments. Mais Rome nous en présente un bon nombre qui, malgré des remaniements postérieurs, onty int^ "Màïii du moins, conservé la physio-
132 MERVEILLES DE L'ARGHITEGTURE.
persane ne fut pas étrangère au développement de ce style particulier, qu'on nomma Byzantin, et dont Sainte-Sophie est restée ]e modèle.
Cependant l'Occident, demeuré fidèle aux règles de Vitruve, continuait d'obéir à certaines conventions pour la mesure des divers membres de l'architecture. Le triomphe du christianisme n'amena point une brusque révolution dans la disposition des constructions religieuses. Les chrétiens se contentèrent de choisir parmi les monuments publics la forme qui convenait à leurs cérémonies. La basilique, affectée par les Romains aux transactions du négoce et à Tappareil judiciaire, bâtiment oblong divisé, dans le sens de la longueur, en trois nefs, et dans l'autre en deux régions, s'adapta facilement à la liturgie chrétienne. Les deux nefs latérales furent attribuées aux honmies et aux femmes ; celle du milieu reçut, dans deux enclos carrés, ici les catéchumènes, là les chantres et le bas clergé. La région supérieure, élevée sur quelques marches, fut consacrée au service divin; Fautel occupa le milieu du sanctuaire; le si^ du préleur devint le trône de l'évêque ; enfin les prêtres s'assirent sur un banc circulaire adossé an fond de la grande nef terminée en hémicycle. Cet hémicycle prit le nom d'abside. Plus tard l'abside et le chœur, le premier des enclos de la grande nef à partir de Tautel, s'allongèrent, et les bas côtés du
chœur s'étendirent en forme de bras, pour figurer la croix : ce développement prit le nom de transsept; le carré du transsept, ainsi appela-t-on le point d'intersection de la grande nef avec cette nouvelle nef transversale, fut éclairé par une tour ou lanterne. Puis l'abside fut doublée par une galerie nommée collatérale ; puis des chapelles apparentes furent percées dans les murs, sur tout le pourtour de l'église. Ainsi, ces transformations successives par où passa la basilique avant de devenir la cathédrale gothique, s'opérèrent toujours sur le plan primitif donné par les architectes romains.
La façade de la basilique était décorée d'un portique ou porche qui régnait sur toute sa longueur, et dont la toiture apparente s'appliquait contre un attique surmonté d'un fronton. En avant du portique s'étendait un atrium^ cour carrée intérieurement contournée par une galerie. Au milieu de la cour, une fontaine était destinée aux ablutions. La porte d'entrée était protégée par un auvent ou portail. Ces accessoires ont graduellement disparu.
Nous ne trouvons plus en Gaule de basiliques latines; h peine y en existe-t-il encore quelques fragments. Mais Rome nous en présente un bon nombre qui, malgré des remaniements postérieurs, ont, intérieuremeut du ^^ •'^nservé la physio-
nomie antique. Tel était, avant sa destroctîon par un incendie, Saint-Paul hors les murs, ouvrage du temps de Constantin ; tels sont encore Sainte-Agnès hors les murs, Saint-Croix de Jérusalem, Saint- Laurent hors les murs, Saint-Chrysogone, Sainte- Marie in Trastevere^ Saint-Pierre-es-Liens, Siint* Pierre in Mantorio^ Sainte-Praxède, Sainte-Marie Majeure, Saint-Clément, à RcHne, et San-Miniato, près de Florence. Entrons dans deux ou trois de ces édifices. De Brosses, qui a pu voir encore la basilique de Saint-Paul, demeura stupéfait à la vue des cinq nefs, divisées par une forêt de quatre files de colonnes en marbre blanc de Paros, en albâtre, en cipolin, en brèche, en granit, en toutes sortes de matières précieuses. Constantin avait enlevé ces magnifiques supports au mausolée d'Adrien. Partout brillait le porphyre; Théodose et Honorius, qui accrurent et agrandirent Tédifice, et après eux la plupart des papes, y avaient accumulé des trésors de mosaïques, de peintures et de statues. Incendié et détruit en 1823, il est maintenant reconstruit sur Tancien plan et arec une égale magnificence. Saint-Paul avait déjà un transsept, mais peu marqué, dont le carré était soutenu par d'énormes cintres.
Sainte-Marie Majeure, une des plus imposantes églises de Rome, a revêtu à Textérieur la fastueuse et banale livrée du dix-septième siècle; maisi