‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 40 sur 110 · SAINTE-HABIB MAJEURE · texte numérisé non relu

SAINTE-HABIB MAJEURE

grande nef a gardé la belle ordonnance de l'art antique ; elle est du cinquième siècle. Sixte IH la fit élever en 432 sur les ruines et avec les restes d'un temple de Junoh. Notons ici que la plupart des églises anciennes remplacèrent des sanctuaires païens; on en citerait à Rome plus de vingt qui sont dans ce cas ; toutes sont riches des dépouilles de l'antiquité ; leurs colonnes n'ont point été taillées pour elles ; c'est la Rome païenne qui les leur a fournies. A Sainte-Marie Majeure, on se croirait presque dans un temple grec. On admire son large plafond soutenu par deux rangées de blanches co- ' lonnes ioniennes : < Chacune d'elles, dit M. TMne, nue et polie, sans autre ornement que les délicates courbures de son petit chapiteau, est d'une beauté saine et charmante. On sent là tout le bon sens et tout l'agrément de la vraie construction naturelle, la iile de troncs d'arbres qui portent des poutres posées à plat et qui font promenoir. > Au-dessus de l'entablement règne une sorte d'attique trop richement décoré. L'ensemble est à la fois grandiose et séduisant; il nous semble qu'on y eût trouvé un beau modèle pour l'intérieur de la Madeleine.

Saint-Clément est peut-être l'église qui a le

mieux conservé tous les caractères constitutifs de

la basilique cbrétiemie; rîm n'y manque, ni la ga-

Elerie carrée de l'atrium, entourée de dix-huit co-

lonnes de granit, ni le portique ou narthex appuyé à la façade^ ni les trois nefs régulières, ni le grand autel isolé sur la tribune de l'abside, ni les sièges de marbre où le clergé prenait place. On y remarque surtout deux chaires nommées ambons, où se faisait la lecture de TËvangile et de l'Épltre.

A l'imitation des temples circulaires, qui ne manquaient point à Rome, comme on Ta vu au chapitre vi, ou plus souvent en souvenir du Saint- Sépulcre, que l'impératrice Hélène avait entouré de deux colonnades couvertes, les chrétiens du quatrième et du cinquième siècles édifièrent dans rOccident quelques églises rondes ou polygonales.

A peu de distance de Sainte- Agnès hors les murs, on remarque Téglise circulaire de Sainte-Constance. Le diamètre intérieur est de vingt mètres. Vingtquatre colonnes corinthiennes de granit, accouplées, exemple unique dans Taniiquité, soutiennent la coupole au-dessus du grand autel. Entre la colonnade et le mur d'enceinte, circule un large bas côté ; c'est là que se voient, sur le plafond, des pampres et des enfants en mosaïque, dont l'allure joyeuse a fait supposer que le culte de Bacchus avait ici précédé la consécration chrétienne. Sainte- Constance, selon Topinion la plus probable, est un de ces baptistères isolés qui font l'orgueil de Florence et de Pise ; les deux Constances, fille et

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