STYLE ARABE
Mosquées d'Omar, d'Ëbn-Touloun ; tombeaux du Caire. L*A- Ihambra et la mosquée de Cordoue. Murailles moresques de Séville. Mosquée d'Achmet.
L'art des Arabes, a dit Lamennais, « est pareil à un rêve brillant, un caprice des génies, qui s'est joué dans ces réseaux de pierre, dans ces délicates découpures, ces franges légères, ces lignes volages, dans ces lacis où l'œil se perd à la poursuite d'une symétrie qu'à chaque instant il va saisir, qui lui échappe toujours par un perpétuel et gracieux mouvement. Ces formes variées vous apparaissent comme une puissante végétation, mais une végétation fantastique ; ce n'est point la nature, c'en est le songe. » Toutefois , si les Arabes abandonnent à
la fantaisie la décoration de leurs édifices, ils les conçoivent d'ordinaire sur le plan le plus simple et le plus naturel.
 la grandeur et à la couleur près, leurs mosquées se ressemblent toutes. Des cours ombragées d'arbres, rafraîchies par des fontaines, entourées de portiques où les îmans font leur demeure, précèdent le sanctuaire y salle carrée ou ronde que surmonte une coupole. Aux quatre coins s'élèvent de gracieux minarets. L'intérieur est simple dans sa structure ; tout l'ornement consiste en arabesques peintes sur le mur, en inscriptions calligraphiées, tirées du Coran. Des lampes, des œufs d'autruches, des bouquets d'épis ou de fleurs pendent en foule à des fils de fer qui traversent la mosquée d'un pilier à l'autre ; les dalles sont cachées sous des nattes ou de riches tapis. « L'effet, dit M. de Lamartine, est simple et grandiose. Ce n'est point un temple où habite un dieu ; c'est une maison de prière et de contemplation où les hommes se rassemblent pour adorer le Dieu unique et universel. Ce qu'on appelle culte, n'existe pas dans la religion musulmane. »
L'un des plus anciens et des plus célèbres édifices religieux des Arabes est la mosquée élevée par Omar à Jérusalem dans l'enceinte du Temple de Salomon , et précisément sur une roche où Jéhova, dit-on, parlait à Jacob. On la nomme El-
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Sakhra, en souvenir de cette pierre. Elle est octogone ; chaque pan est décoré de sept arcades , en cintre brisé. Un second ordre d'arcades plus étroites, établi en retraite sur un toit en terrasse, porte un gracieux dôme de cuivre ou d'un métal jadis doré. Les murs sont recouverts de carreaux d'émail bleu. Des portes ornées de belles colonnes conduisent dans le sanctuaire, tout revêtu de marbre blanc ; on marche sur un riche pavé multicolore , entre deux rangées circulaires de colonnes de marbre gris , dépouilles de Bethléem et du Saint- Sépulcre. Au dix-septième siècle , le P. Roger a compté dans la mosquée jusqu'à sept mille chandeliers ciselés en cuivre ou en fer doré.
A Tentour d'El- Sakhra, sur le parvis supérieur et sur Tancienne place du Temple, rayonnent ou se croisent douze portiques placés à des distances inégales les uns des autres et tout à fait irréguliers comme les cloîtres de TAlhambra; ils sont composés de trois ou quatres arcades, et quelquefois ces arcades en soutiennent un second rang. Tout auprès de la mosquée est une citerne; quelques vieux oliviers et des cyprès clair-semés sont répandus çà et là sur les deux parvis.
La mosquée d'Omar, fondée au septième siècle, embellie par les califes Abd-el-Malek et El-Louid, fut convertie en église pai* les croisés. Quelque cent ans plus tard, Saladin, le vaîi^'T"**"r de Richard
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Cœur de Lion et de Philippe Auguste, la rendit à Hahomet.
De bonne heure l'art musulman se répandit en Afrique. Le Caire, ville tout arabe, conserve de très - anciennes et très -riches mosquées; celle d'Ëbn-Touloun, surtout, mérite qu'on s'y arrête ; elle date de la un du neuvième siècle (870). Ahmed- Ben-Touloun, fondateur d'une dynastie éphémère, qui la ût construire et lui donna son nom, voulait que trois cents colonnes en soutinssent les portiques ; mais son architecte protesta qu'on n'en saurait trouver un si grand nombre et oflrit de s'en passer, promettant que la beauté du monument n'aurait pas à en soufirir. £n effet,, la brique seule fut employée dans cette superbe construction ; des revêtements de stuc dissimulèrent les matériaux et reçurent les ornements ordinaires aux mosquées, des versets du Coran, des lettres d'or et de capricieuses arabesques.
Le sanctuaire est circulaire et de dimensions trèsrestreintes. C'est la cour et les portiques qui constituent vraiment la mosquée. Le mur d'enceinte, percé de neuf portes, est couronné de menons dentélés et découpés à jour. Il est aéré par de nombreuses fenêtres fermées de treillis à jour en pierre calcaire. Autour de la cour, au-dessus des portiques, règne une haute et belle frise qui couronne nn^ corniche très-ornée. Le minaret et la citerne, accom-
Hosqufe de Kait-Ue}, au Caire. '