‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 49 sur 110 · ALHAMBRA · texte numérisé non relu

ALHAMBRA

OÙ les rois maures goûtaient tous les plaisirs et oubliaient tous les devoirs de la vie. »

(Chateaubrund).

Toute la décoration de l'Alhambra consiste en faïences vernies (azulejos) , jaunes , rouges , noires, vertes et blanches , dont la mosaïque revêt le bas des murs jusqu'à hauteur d'apjiui, et en une sorte de tapisserie faite de fleurons, de nœuds, de zigzags et d'inscriptions, sculptés avec un très-faible relief sur le stuc ou sur le plâtre, que les Arabes savaient rendre dur et travailler à l'aide de moules appliqués de distance en distance. Rien de plus charmant que les parois de la Salle des Ambassadeurs, où divers suras du Coran, des pièces de poésie, des formules d'éloge, se promènent, avec la calligraphie arabe , le long des frises , des arcs et des jambages de portes et de fenêtres, tandis qu'au plafond une charpente de cèdre offre un véritable problème de combinaisons géométriques.

Si Ton excepte quelques colonnes , quelques dalles, des vasques, des bassins, de petites niches pour déposer les babouches, on ne trouve peut-être pas un seul morceau de marbre employé dans les décorations intérieures de rAlham])ra. La même [ion s'applique en générale tous les monude Cordoue ' «3, Séville, Valla-

On admire surtout la Cour des Lions, carré long de trente mètres sur vingt, entouré d'un péristyle de colonnes légères , et orné sur les deux faces d'un avant-corps ou sorte de portique semblable au portail saillant de quelques églises gothiques et sculpté avec autant de perfection que d'élégance.

Devant ces perspectives variées de cours et de chambres entremêlées, devant les décorations fantasques de piècps rondes ainsi qu'une tente du désert et terminées par des voûtes coniques, le spectateur demeure immobile et muet comme le dernier des Abencerrages et se croit transporté à l'entrée d'un de ces palais dont on lit la description dans les contes arabes.

« De légères galeries, des canaux de marJ)re blanc bordés de citronniers et d'orangers en fleurs, des fontaines, des cours solitaires, s'offraient de toutes parts aux yeux d'Aben-Hamet , et , à travers les voûtes allongées des portiques, il apercevait d'autres labyrinthes et de nouveaux enchantements. L'azur du plus beau ciel se montrait entré des colonnes qui soutenaient une chaîne d'arceaux gothiques. Les murs chargés d'arabesques , imitaient à la vue ces étoffes de l'Orient, que brode dans l'ennui du harem le caprice d'une femme esclave. Quelque chose de voluptueux, de religieux et de guerrier sem])lait respirer dans ce magnifique édifice ; espèce de cloître de l'amour, retraite mystérieuse

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