MURS DE SÉVILLE
Une suprême élégance est le caractère de toutes les conceptions arabes. Tandis que les murs des vieilles villes chrétiennes du nord de TEi^agne sont lourds et grossièrement bâtis, comme les défenses improvisées d*un peuple qui se lève contre ses Dppresseurs, les fortifications moresques sont légères, gracieuses, construites avec calme et avec amour. « C'est l'œuvre d'un peuple qui se sent chez lui , et met seulement les trésors et les chefs-d'œuvre de la paix à l'abri d'un coup de main de maraudeurs. »
Les tours des murailles de Séville, enjolivées de cordons en briques, de chaînes de pierre blanche, d'inscriptions arabeS, ont été si soigneusement bâties, de matériaux si bien choisis, que leurs arêtes sont encore vives comme aux premières années. Il n'a fallu rien moins que les tranchées du chemin de fer de Cordoue pour faire brèche à ces murs si solides et qui semblent sans épaisseur. Leur pourtour est de deux lieues environ. Parmi leurs quinze portes, la plupart ont été reconstruites ou modifiées ; mais la porte de Cordoue, entre autres, a conservé sa haute forteresse carrée. Aux environs d^ la porte de Carmona, un aqueduc de quatre cents arches, qui vient de près de six lieues , atteste que les Arabes ont égalé les Romains dans la conduite et l'aménagement des eaux.
C'est en Espagne que l'art musulman , livré à
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lui-même, a déployé le plus d'invention originale et personnelle. Dans rOrient, il s'est plus d'une fois inspiré des traditions byzantines; et l'on ne s'étonnera pas que Sainte- Sophie, cette reine des mosquées, ait servi de modèle ou de prototype à quelques-uns des sanctuaires de Constantinople. Les Turcs avaient d'ailleurs apporté avec eux les leçons de la Perse qu'ils avaient traversée et dont le goût ne fut pas sans influencé sur l'art byzantin. La mosquée d'Achmet, dont M. Théophile Gautiernous fait une peinture séduisante , est tout entière voûtée en demi-dômes qui appuient une coupole centrale. Elle est précédée d'une cour entourée d'un quadruple portique que supportent des colonnes à chapiteaux noirs et blancs, à bases He bronze.
« Le style de toute cette architecture est noble , pur, et rappelle les belles époques de l'art arabe , quoique la construction ne remonte pas plus loin que le commencement du dix-septième siècle. Une porte de bronze , où l'on arrive par deux ou trois marches , donne accès dans l'intérieur de la mosquée. Ce qui vous frappe d'abord, ce sont les quatrès piliers énormes , ou plutôt les quatre tours cannelées qui portent le poids de la coupole, principale. Quinze hommes , dit-on , ne pourraient les embrasser. Ces piliers , à chapiteaux taillés en sta-* lactites , sont entourés à mi-hauteur d'une bande plane couverte d'inscriptions en lettres tul*ques ;
Vue intérieura à» la Hosqaëe de o-""— "