‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 53 sur 110 · DELHI · texte numérisé non relu

DELHI

amas de débris où Ton reconnatt trois empreintes successives. Il y a un antique Delhi hindou, presque disparu, sur lequel les Pantans (ou Arghans) ont bâti une seconde ville. Le troisième Delhi , la cité moderne, est l'œuvre des Mongols, en d'autres termes, des Tartares Turcomans, qui ont la même origine que les Turcs.

Parmi les temples, les palais, les forteresses, les tombeaux, dont les restes abandonnés couvrent le sol à perte de vue, on signale le célèbre pilier ou minaret Koutab, mot dérivé de Koutaboudin (étoile polaire de la religion), nom du premier souverain des Pantans ou Afghans. La base de ce curieux monument a près de quarante-quatre mètres de circonférence; sa hauteur était, dit-on, de quatrevingt-dix-sept mètres environ avant que la foudre ne Teût mutilé; elle est encore aujourd'hui de près de soixante-cinq mètres. C'est une tour construite en pierre rouge, diminuant insensiblement de largeur à partir de sa base, et divisée en cinq étages couronnés par des galeries, admirablement sculptés et ornés d'inscriptions arabes colossales en relief. Auprès, sont des cloîtres en ruine et les restes d'un temple où Ton remarque trois arches magnifiques, dont la forme est toute ogivale et dont les décorations sont d'une délicatesse exquise.

Un peu plus loin brille le dôme splendide du colite mausolée en marbre

blanc de Shamshadin-Altanish, là, les tombeaux du Nizam-ad-Din et de la Bégum-Jehanira ; là encore, le sépulcre de Houmaroun , bel édifice en granit , couvert de marbre^ construit avec la simplicité du meilleur style romain et dont le vaste dôme en marbre blanc domine des jardins, des tours, des minarets, des cloîtres, des murailles circulaires qui forment son enceinte.

Plusieurs jours ne suffiraient point pour visiter les monuments du vieux Delhi. Mais il nous faut au/tnoins citer la, Jumna-Mosjed, qui est, au dire de beaucoup de voyageurs, la plus importante mosquée du monde. C'est un vaste monument, construit en pierres rouges, incrustées d'un beau marbre blanc qui revêt seul les dômes. La cour carrée qui précède la mosquée est entourée de trois côtés par des colonnades ouvertes, à travers lesquelles on voit la ville et ses arbres. « Elle peut contenir douze mille personnes, et elle est, dit-on, remplie de fidèles, le jour où, chaque année, le roi vient en personne assister à la dernière heure du ramazan. » On y remarque un superbe escalier et des minarets hauts de cinquante mètres. Selon une opinion commune, la Jumna-Mosjed daterait du règne d'Akbar (1560), mais M. James Prinsep croit que quelques parties au moins sont bien anté rieures à ce prince. En plusieurs endroits, les pierres semblent rongées par les siècles*

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