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LA PERSE ET LA CHINE

Mosquées et palais d'Ispahan. — Ponts, colonnes. Tour de Porcelaine. Quelques mots sur l'Amérique.

Les ruines imposantes que nous a laissées Tari des Perses ne nous préparent guère à la merveilleuse légèreté des constructions persanes. Les ancêtres des Persans témoignaient de leur énergie native par la majesté de leurs colonnades et de leurs escaliers ; mais un peuple énervé , raffiné, dans un pays brûlant, n'a plus besoin que d'air et de parfums. La plus aérienne des architectures a posé sur de grêles colonnes ces immenses salons à jour étincelants de toutes les nuances des émaux les plus doux et les plus vifs, a disséminé au milieu des fleurs et de la verdure ces galeries peintes, ces pavillons que Ton trouve décrits à chaque page des Mille et une Nuits.

Tout ce que les voyageurs nous ont rapporté d'Ispahan dépasse en élégance les chefs-d'œuvre des Arabes et en richesse Tintérieur de certaines églises de Gênes ou de Rome ; et ni la grâce ni l'éclat n'y excluent la grandeur. La mosquée de la Congrégation, la plus vaste et l'une des plus anciennes de toute la Perse, occupe un >espace de

quatre arpents. Elle parait aToir été coastmîte Ters le quatri^ne âède de rhégîrey mtre lOOO et 1200. Elle est de figure carrée; sept dômes la cooTrent, et quarante pibstres la soutiennent. Le bas des murs, jusqu'à hauteur dliomme enTiron, est plaqué de porphyre onde et marbré. Partout ailleurs, au dehors comme au dedans, ce sont des carreaux d'émail qui CKmoit le reTétement. Parmi les rersets et les sentences qui courent sur les firûes et les corniches, Chardin signale cette belle înscrii^on : Fnmiùpùe du Paradis : m arans, ni kypoeriies n^entreniieL

Le grand dôme a plus de trente mètres de diamètre ; c'est ocmmie le diœur du tnnple. D est précédé d^une spacieuse cour entourée d*arcaâes soutenues par de gros pilastres ; au milieu de la cour est un raste bassin carré destiné aux ablutions; les fontaines et les réservoirs abondaient dans tonte l'enceinte et jusque sous les coupoles, à ce point que la solidité de l'édifice en fut compromise; on dot boucher les canaux et combler i plusieurs bassins.

La mosquée Royale, élevée par Abbas le Grand Ters la fin du seizième siède, sur la place principale dispahan, surpasse la pécédente en richesse, sans l'égaler peut-être en noblesse et en grandeur. Les formes y sont moins simples; le parris, le bassin, les cours, les coupoles, tout y affecte des

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