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SAINT-ÉTIENNE DE CAEN

conduisent de la nef au chœur du roi (Kœnigschor), sous lequel se trouve le caveau impérial. Sur dixhuit empereurs qui ont régné de 1024 à 1308, neuf ont été enterrés là.

Sous la partie orientale s'étend une crypte soutenue par vingt piliers massifs et courts. On y voit d'anciens fonts baptismaux du neuvième ou dixième siècle et un vieux tombeau de Rodolphe de Habsbourg avec sa statue couronnée.

Si nous rentrons en France, nous y rencontrerons, dans le centre et dans le midi, toutes les variétés du style roman. Ici le goût byzantin se mêle à Tart de TOccident, comme à Toulouse, à Poitiers, à Saint-Gilles ; là, comme à Saintes et à Caen, le roman se présente dans toute sa pureté.

Saint-Étienne de Caen a été commencé en 1064 par Guillaume le Conquérant. Son plan est en forme de croix latine; le chœur est enveloppé d'un collatéral, sur lequel s'ouvrent onze chapelles.

De deux en deux piliers, s'élancent des nervures diagonales dont le point d'intersection sur la voûte est traversé d'un doubleau; de sorte que les piliers sont alternativement accompagnés d'une ou de deux colonnes, selon qu'ils ont à soutenir le doubleau ou à recevoir les doubles retombées des nervures. Le portail présente trois portes au rezde-chaussée; au-dessus, deux rangs de baies à plein cintre. De chaque côté du pignon s'élève un

haut clocher terminé par une flèche plus récente* Toutes les parties de l'édifice sont empreintes d'une austère élégance et d'une sévérité monastique.

L'architecte de Saint-Ëutrope de Saintes a plus donné à la grâce^ sans négliger la noblesse. La voûte est en berceau; des arcs doubleaux, simples, carrés, la soutiennent et portent sur de hauts piliers. Les arcades ont pour points d*appui de courtes colonnes, posées sur les chapiteaux d*autres colonnes plus longues et latérales aux piliers.

A l'extérieur, il reste une haute paroi romane dont on admire les élégantes arcatures et les colonnes engagées. Les étages y sont marqués par de minces frises enrichies de fleurons circulaires. On voit encore à la suite du mur une belle rotonde à baies également ornées; c'était la chapelle latérale de l'abside primitive, sans doute formée de trois rotondes pareilles.

La crypte de Saint-Eutrope, où Ton descendait par le transsept, au milieu de l'église, se prolonge sous le chœur et l'abside et prend jour par des cintres qui garnissent à l'extérieur le pied de l'édifice. On y entre aujourd'hui sur le côté gauche de l'église, et Ton remarque tout d'abord d'informes piliers noyés dans la maçonnerie au quinzième siècle, comme le prouve une inscription qui tient lieu de chapiteau.

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