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STYLES RAYONNANT ET FLAMBOYANT*, GOTHIQUE

DE LA RBITAISSANCE.

Saiut-Ouen de Rouen. Saint-Etienne de Metz. Saint-Eustacbe

de Paris.

De 1250 à 1380, règne un goût charmant, éclatant, que Ton nomme rayonnant ou fleuri. Plus de murs, partout des claires-voies soutenues par de minces arcatures, par des compartiments de rosaces et de trèfles inscrits dans les larges cintres brisés; plus de chapiteaux, des cordons de feuillages imités directement de la nature; plus de colonnes, de hauts piliers garnis de moulures rondes ou en biseau. Cependant, rien de maladif encore dans cette élégance ; svelte et délicat sans être grêle, le^tyle fleuri ne dépare point les églises du treizième siècle qu'il termine et qu'il décore. Nous le trouvons partout dans les nefs latérales, les absides et les baies extérieures ; car il est rare que les trois époques du Gothique ne soient pas représentées à la fois dans un édiflce religieux de quelque importance, la première par la masse et

la nef, la seconde par les voûtes et les ornements, la dernière par les stalles, les jubés et les clochers.

On peut citer parmi les plus belles produclions du style rayonnant, les collatéraux du chœur de Notre-Dame de Paris, la façade de Bayeux, la cathédrale de Metz et Saint-Ouen de Rouen.

Bien que la nef de Saint-Ouen n'ait été achevée qu'au seizième siècle, et que le portail, élevé de nos jours, ne réalise pas dans toute sa beauté le plan de l'architecte gothique, ce monument fameux présente, sans disparates sensibles, tous les caractères du quatorzième siècle. Toute la partie orientale, le chœur et les transsepts, fut achevée en vingt et un ans, de 1318 à 1339. Ony admire une grande pureté de lignes, une élévation dont l'effet est encore accru par la légèreté des supports ; la grande nef, d'une longueur considérable^ d'une véritable simplicité , fait recule^ indélîniment la perspective du chœur. Il y a des voûtes plus hautes, mais aucune qui le paraisse davantage. Cette illusion est obtenue par l'emploi de colonnettes qui, sans s'arrêter aux impostes des arcades et aux chapiteaux de la galerie dont l'église entière est entourée, montent jusqu'à la naissance des nervures de la voûte.

Pour jouir des beautés extérieures de Saint- Ouen , il faut suivre sur le flanc droit ses murailles largement percées de fenêtres et termi-

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