‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 68 sur 110 · SAINT-OUEN DE ROUEN · texte numérisé non relu

SAINT-OUEN DE ROUEN

nées par la forêt symétrique d^s arcs-boutants où s'appuie la maîtresse voûte ; s'arrêter en contemplation devant le portail du transsept, comparable aux entrées latérales de Notre-Dame de Paris ; puis, du fond d'un petit jardin qui entoure le chevet, jouir de l'harmonieux aspect des onze chapelles à toits pyramidaux , appliquées contre la majestueuse abside, et qui servent de piédestal à la grande teur centrale. Cette tour, octogone sur une base carrée, accompagnée de quatre charmantes tourelles détachées, se termine par une couronne travaillée à jour. Elle a quatre-vingt-deux mètres de haut ; mais les mesures ici perdent leur valeur, tout est dans les excellentes proportions, qui font de la tour de Saint-Ouen quelque chose d'idéal et d'absolument beau. Il faut y monter par des escaliers étroits, à travers des passages obscurs, et regarder du faîte, ébloui par la lumière subitement reconquise, les nobles lignes du comble, légèrement infléchies, par une fantaisie mystique, pour figurer la tête de Jésus mourant, inclinée sur la croix.

Si les renommées justement consacrées des édifices que nous venons de décrire tiennent dans l'ombre les mérites nombreux de Saint-Étienne de Metz, c'est qu'ils ne sont pas mis en relief par l'unité de la composition. La façade Louis XV, les chapelles et le chœur flamboyants, la nef

fleurie, sont dés morceaux assez péniblement rattachés l'un à Tautre, mais dont plusieurs sont dignes du premier rang. La nef égale en hauteur celle d'Amiens, et ses verrières présentent une disposition originale ei un aspect féerique. Trois rangs de fenêtres occupent toute la hauteur; le premier dans les collatéraux étroits et relativement bas^ les deux autres dans la nef, séparés seulement par une espèce de frise. Les baies supérieures sont les plus larges; les intermédiaires se groupent quatre par quatre dans chaque travée. Il faut louer les larges claires-voies qui éclairent le transsept et la grande rose du portail , étalée comme une fleur aux pétales éblouissants. Le chœur, exhaussé de plusieurs marches, appartient déjà au stjle de la décadence gothique. Plus largement éclairé, s'il est possible, que la nef elle-même, il n'est entouré que de baies aiguës, divisées en compartinients bizarres, sans impostes et sans chapiteaux.

Après le Gothique rayonnant, vient le flamboyant qui, toujours sous prétexte de légèreté et de grâce, 1 dénature les ornements, les formes et jusqu'aux

proportions des membres de l'architecture. Ilefiace les lignes horizontales qui donnaient deux étages aux verrières de la grande nef, remplit les baies de compartiments irréguliers, cœurs, soufflets et flammes, abat les angles des piliers ou aiguise en

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