GOTHIQUE FLAMBOYANT
biseau les moulures, ne laisse aux supports, même les plus massifs, qu'une forme ondulée, fuyante, insaisissable, où Tombre ne peut se fixer, change les lancettes en accolades ou en anses de panier plus ou moins surbaissées et les fleurons des pinacles en volutes capricieuses. Il réserve toutes ses richesses pour les décorations accessoires ou extérieures, les stalles, les chaires, les clefs pendantes, les frises courantes, les pinacles des contreforts, les jubés et les clochers. La visible décadence de l'ensemble correspond à de grands progrès dans les détails.
Parmi les églises, assez peu nombreuses, qui ont été bâties complètement dans le style flamboyant, on cite Saint-Wulfrand d'Abbeville, Notre- Dame de Gléry-sur-Loire,Saint-Ricquierde Corbîe, les cathédrales de Nantes et d'Orléans. La façade convexe de Saint-Maclou, à Rouen, en est peutêtre le plus bel échantillon.
La carrière du Gothique n'est point terminée, et, en France du moins, la Renaissance la prolonge d'un siècle encore et semble donner à cet art mourant une nouvelle vie. Sans doute la Renaissance est un retour vers l'antiquité; mais c'est aussi un retour vers la vie purement civile. Si elle change le plan des palais et des maisons, elle conserve celui des églises : elle marie ses pilastres, "'^loniw*'^ "^ --^r^ns grecs aux voûtes ogi-
vales, aux arcs-boutaots et aux clefis pendantes. Il ne faut pas dédaigner cette époque de transition. Saint -Etienne du Mont, à Paris, n'est-il pas d'un gothique plein de fantaisie et de grâce? Tronvet-on beaucoup de vaisseaux comparables à Saint- Eustache, élevé dans le courant du seizième siècle?
L'abside de Saint -Eustache garde encore l'aiG brisé. Les colonnettes corinthiennes s'associent aux piliers prismatiques, sans bases, sans chapiteaux. Des multitudes de nervures tranchantes s'échappent des rosaces et des culs-de-lampe. Parmi les souvenirs du Gothique flamboyant^ on remarque le hardi pendentif qui ligure, au-dessus du sanctuaire, une vaste couronne portée par des anges.
Le curieux portail qui fait face aux Halles applique aux proportions gothiques des formes et des ornements nouveaux. La porte, à linteau plat, se termine en plein cintre. Des pilastres corinthiens, ornés de niches à fronton, soutiennent l'entablement du premier ordre. Au-dessus s'ouvrent deux rangs superposés de fenêtres aussi encadrées de pilastres; deux ocutus^ diminutifs de roses, ornent le troisième ordre et le pignon. Le tout est flanqué de contre-forts, de pinacles et d'arcs-boutants.
11 ne manque pas d'églises construites dans ce goût; et l'on peut ofl'rir pour modèle à nos malheureux constructeurs d'églises hybrides et mal
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venues le beau portail de Saint-Michel de Dijon, les églises de Gisors et des Andelys.