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S 3. CONSTRUCTIONS MILITAIRES ET CIVILES AU MOYEN AGE

Carcassonhe , Aigues-Mortes, Provins, Coucy, hôtels de ville de Belgique.

L'église et la forteresse sont les deux signes du moyen âge, ses deux forces, souvent rivales et plus souvent associées; Tune, consolation d'âmes tour à tour violentes et désespérées, puissant asile de la faiblesse ; l'autre, indifféremment gardienne des cités industrieuses ou armure des barons fainéants et rapaces. L'architecture militaire sera loin, comme on pense, de nous offrir le charme et la diversité des édifices religieux ; mais ses masses nues ont leur beauté, ses enceintes munies de tours rondes, carrées, aiguës, ses créneaux et ses mâchicoulis, aujourd'hui impuissants et ruinés, se profilent bien sur le ciel et figurent, sur les coteaux qu'ils dominent, cette couronne murée que les statuaires anciens donnaient à Qybèle.

Au-dessus de Carcassonne, à l'entour d'un mamelon stérile, sous un soleil dévorant qui dore les pierres, se déploie une double enceinte de murs flanqués de tours. Un château fort et une belle église occupent le point culminant de la Cité. Entre

les deux enceintes, par terre, au plein soleil, pullulent des femmes et des enfants couverts de haillons. On peut suivre cette voie circulaire, ou monter à la citadelle par une rue tortueuse. C est au nord et dans l'enceinte intérieure que se voient les constructions les plus anciennes, longtemps attribuées aux Romains, et qui remontent aux Visigoths, dont Carcassonne fut le dernier refuge ; on admire leurs cinq tours solides, bâties par assises alternées de briques et de petits moellons cubiques; elles ont une allure toute romaine et relèvent directement de Tarchitecture antique. On ne sait guère ce qui advint de Carcassonne jusqu'au douzième siècle. Les fenêtres géminées de la citadelle indiquent cette époque. Emportée d'assaut et ruinée en 1209 et en 1240, Fenceinte visigothique fut relevée par saint Louis et Philippe le Hardi, et entourée d'une seconde précinction, qui est, elle aussi, un modèle de construction. Nous signalerons surtout une tour carrée, dite de FÉvêque, fièrement plantée sur les deux enceintes dont elle rompt les lignes et protège l'intervalle. D'autres tours, la Peyre, la Vade, le Grand-Brulaz, forment comme autant de forts détachés, du côté où la cité était le plus accessible.

Ce formidable ensemble de défenses, le plus complet que nous ait légué le moyen âge, ne périra pas, comme tant d'autres intéressants débris.

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