ASSISE, SIENNE
de la mort et l'horreur du sépulcre ; au milieu, l'anxiété passionnée du chrétieu dans notre terre d'épreuves; eo haut, la joie et la gloire éblouissante . du Paradis! . (Taine).
Le monastère voisin renferme un élégant cloître carré à deux étages de galeries ; et un autre portique, ouvert sur la vallée et les montagnes neigeuses, dessine autour du couvent ses arcades aiguës. C'est Ici, dans ce bel asile, qu'aux yeux contemplatifs des moines, < les abstractions scolastiques se transformaient en apparitions idéales. >
La cathédrale de Sienne, commencée vers la même époque, mais faite pour un culte public et une religion moins rafûnée, s'écarte déjà plus du caractère gothique et revient à l'allure régulière, forte, païenne, pour tout dire, qui sied si bien i tous les édifices Italiens.
L'arc des portails, comme les arceaux inférieurs de la nef, est brisé, mais les maîtresses arcades sont k plein cintre. Les galeries supérieures sont des colonnades corinthiennes architravées, tandis que les chapiteaux de certains piliers de la nef se composent de figurines et d'oiseaux.
La façade ■ bordée de statues, hérisse au-dessus de ses trois portes trois frontons aigus, au-dessus de ses frontons trois pignons aigus, autour de ses «ignoQS quatre clocliers aigus, et toutes ces pointes sont crénelées de dentelures. Mais si l'architecte
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aime les formes élancées qui lui viennent d'outremer, il aime aussi les formes solides que lui a léguées la tradition antique ; il porte haut dans l'air la rondeur aérée du dôuie; il revêt le fût de ses colonnes grecques de figurines nues, d'iiippogrîflfes, d'oiseaux, de feuilles d'acanthe qui s'entrelacent en serpentant jusqu'au sommet. Le même mariage d'idées reparaît dans tous les détails. »
Après la façade, la merveille de la cathédrale de Sienne est ce pavé précieux, décoré de nielles par Beccafumi. Il reste couvert d'un plancher mobile, dont on enlève quelques panneaux à la demande monnayée des visiteurs. A certaines fêtes de l'année on le met entièrement à nu. Il faut admirer encore la chaire célèbre où Nicolas de Pise, en 1226, a sculpté l'histoire du Christ avec un ciseau qui ne sent nul» lement la roideur du moyen âge.
La construction de l'église fut reprise à plusieurs fois, et il serait impossible de noter les diverses époques de ses accroissements. < 11 y a même une obscurité difficile à soulever sur la question d'origine , et qui tient à ce que le temple fut rebâti de nouveau dans le quatorzième siècle. » Un document de 1012 place le dôme de Sienne sur la hauteur qu'il couronne aujourd'hui. La reconstruction définitive ne commença qu'en 1322. Tout prouve que le plan fut alors changé, et les proportions encore vastes, considérablement réduites.
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