‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 79 sur 110 · LR DÔME DE FLORENCE · texte numérisé non relu

LR DÔME DE FLORENCE

L'ombre du moyen âge n'a fait que glisser sur Florence; le sentiment religieux y fut presque toujours relégué derpière l'orgueil patriotique et l'amour de la beauté et de la force. Le décret par lequel elle chargea l'architecte Arnolfo di Lapo, ou di Gambio, d'élever Sâinte-Marie-des Fleurs semble une inscription antique, ou mieux, le prélude de la grande Renaissance latine. « Attendu, y est-il dit, qu'il est de la souveraine prudence d'un peuple de grande origine de procéder en ses affaires de telle façon qu'à ses œuvres se reconnaissent sa sagesse et sa magnanimité, il est ordonné à Ârnolfo, maître architecte de notre commune, de faire les modèles pour la réparation de Sainte-Marie avec la plus haute et la plus prodigue magniflcence, afin que l'industrie et la prudence des hommes n'inventent ni ne puissent jamais entreprendre quoi que ce soit de plus vaste et de plus beau. » (1294.)

L'œuvre est digne d'un tel programme. La nef mesure cent trente-huit mètres, le transsept, cent ; la voûte, quarante-six en hauteur. La coupole est large de quarante-deux ; et la croix qui surmonte le dôme s'élève à cent dix-neuf mètres. A l'exté- ' rieur, elle emporte l'admiration par sa décoration de marbres multicolores, par l'énormité de son dôme léger, à huit pans» qui s'élance vers le ciel avec autant de grâce et plus de puissance que les clochers gothiqoaa

inférieures qui se groupent harmonieusement autour du chevet- Sauf la forme des fenêtres, il n'y a plus rien ici de gothique; les murs robustes, pleins, parés seulement de leur robe de marqueterie, se soutiennent sans arcs-boutants.

L'absence de façade est le seul désenchantement qui attende le voyageur. Giotto en avait bâti une au quatorzième siècle; un de ses successeurs la détruisit et n'eut pas le temps de la refaire.

A l'intérieur, l'aspect est grandiose, mais peutêtre trop simple; il n'y a de riche que le pavé semblable à un parterre de fleurs. Les arcades sont soutenues par des pilastres, supports qui ne vaudront jamais les colonnes grecques ou les faisceaux romans et gothiques ; mais la hauteur du dôme et sa beauté consolent de toutes les imperfections, et font même oublier les fresques pompeuses et ennuyeuses de Vasari.

L'histoire de ce dôme, devant lequel Michel-Ange s'écriait : « Il est difficile de faire aussi bien, il est impossible de faire mieux I » mérite d'être brièvement rapportée.

Arnolfo di Lapo, Giotto, Orcagna, pour ne citer que les plus illustres architectes de Sainte-Marie s'étaient succédé sans arriver à couvrir l'église. En 1420, Brunelleschi s'offrit à exécuter un dôme qui se soutiendrait à une hauteur considérable par son propre poids, sans qu'il fût besoin d'arcs-

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