‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 91 sur 110 · LE LOUVRE · texte numérisé non relu

LE LOUVRE

placé en face du pont des Arts. Celle du quai a été détruite; mais par bonheur Tordonnance en a été scrupuleusement reproduite sur toute la façade occidentale de la cour : rien de mieux conçu, de plus richement orné que les pilastres du rez-dechaussée et les deux étages décorés par Jean Goujon et Paul Ponce, un élève de Michel-Ange.

C'est surtout dans la composition et les proportions de l'attique que Pierre Lescot s'est montré artiste consommé; il était impossible de mieux' couronner son édifice, et de même qu'une femme réserve tout le luxe de sa toilette pour sa coiffure, de même notre architecte a compris que le luxé de sa décoration devait aller en croissant, tout en devenant plus délicat à mesure qu'il approchait du faîte de l'édifice. Il ne s'arrêta pas là, et, acceptant franchement la nécessité des combles élevés et des écoulements d'eau, il mit tant d'art et de goût dans la composition des chéneaux et des cheminées, il apporta une telle recherche dans l'ornementation des • faîtages en plomb doré dont il couronna l'extrémité des toits, que la partie supérieure de l'édifice pouvait presque passer pour la plus belle.

•c Considérez -vous l'attique isolément? vous voyez des pilastres supportant une corniche en parfaite harmonie avec eux, un ornement qui les rattache les uns aux autres, et, en dehors de la

corniche, un chéneau de forme élégante. Embrassez-vous l'édifice d'un seul coup d'œilî toutes ces divisions disparaissent pour ne former qu'un tout, et vous êtes pénétré d'admiration à la vue du couronnement le mieux caractérisé, le plus élégant, le plus riche, en un mot, le plus beau que présente l'architecture moderne, et qui ait peut-être jamais existé. C'est que dans ce chef-d'œuvre, l'exécution ne s'est pas montrée inférieure à la conception du système ; le style a répondu à la pensée, et lui a donné la forme la plus heureuse; tout se trouve réuni : l'idée et l'expression harmonieuse. » (LÉONCE Reynaud.)

Tandis que Philibert Delorme construisait les Tuileries pour Catherine de Médicis, Charles IX faisait conmiencer la galerie aux assises de pierre et de marbre alternés qui longe le jardin de l'Infante. Mais est-ce bien du balcon de cette galerie que Charles IX peut avoir tiré sur ses sujets? Le premier étage n'existait pas encore et ne fut élevé que par Henri IV. La galeriîe d'Apollon, telle que nous la voyons aujourd'hui, ne date que de 1662, époque où la précédente fut brûlée.

L'aile qui se prolonge sur le quai vers les Tuileries appartient moins aux Valois qu'à Henri IV. On en admire les bossages, les vermiculures, les frises ravissantes et les gracieuses proportions.

Le seizième siècle, on ne sait pourquoi, ne s'était

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