LE LOUVRE
guère occupé de terminer l'œuvre de Pierre Lescot, c'est-à-dire de fermer la cour du Louvre, si admirablement commencée. On y songea seulement sous Louis XIIL Lemercier eut l'idée de donner à la cour les dimensions présentes, en doublant la longueur des ailes; il conçut aussi les quatre gros pavillons qui occupent le milieu de chaque face. Comme le goût avait changé, il renonça en partie aux dessins de Pierre Lescot et substitua dans trois côtés de la cour la pompe à la richesse harmonieuse. Il n'acheva pas l'enceinte, mais ses plans furent généralement respectés.
Sous Louis XIV, Levau continua sur le quai la façade de Pierre Lescot; mais bientôt les travaux de Claude Perrault en nécessitèrent la destruction. Bernin, appelé en France pour achever le Louvre, avait composé un plan désastreux et banal qui dénaturait l'œuvre de Lescot et plaçait quatre grands escaliers dans les angles de la cour. Déjà on commençait à l'exécuter, lorsque la mauvaisç santé de Bernin le força de retourner en Italie. C'est alors que Perrault, dont la conception avait toujours plu à Louis XIV, obtint la direction des travaux et éleva sa célèbre colonnade, grandiose portique formé de hautes colonnes accouplées sous une puissante corniche. Elle répondait si bien au goût dudixseptiéme siècle qu'elle devint tout d'abord un type wdont s'inspirèrent les architectes de la place Ven-
dôme et des palais de la place Louis XY. On lui reproche cependant avec raison de ne pas se relier aux autres parties du monument, dont elle a gâté les proportions, et de ne pas répondre wx divisions intérieures (1665-1670).
La cour du Louvre fut achevée sous Louis XV, par Gabriel, d'après les dessins de Perrault. Les travaux, interrompus pendant la fin du dix-huitième siècle, reprirent sous Napoléon avec^lne grande activité. Plusieurs frontons, les vestibules, la façade du quai , datent de ce règne. Perci^r et Fontaine eurent le bon esprit de suivre, autant qu'ils le pouvaient, dans l'aménagement intérieur, les indications laissées par Pierre Lescot, Jean
Goujon et Paul Ponce; et la belle salle des Caria-
tides fut terminée à peu près exactement telle qu'elle devait l'être d'après les plans de ceux qui l'avaient conçue.
Des décrets du Gouvernement provisoire (1848) et du président de la République (1852) assurèrent enfin la jonction du Louvre aux Tuileries. Malgré certains défauts que le temps atténuera peut-être, les plans exécutés par MM. Yisconti et Lefuel étaient les meilleurs que l'on pût adopter ; et l'ensemble du nouveau Louvre demeure jusqu'à présent la construction la mieux entendue de notre temps.
Ainsi a été accomplie, en 1858, l'œuvre de quatre
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LE LOUVRE. ai3
siècles où se sont illustres Pierie Leseot Dupérac Lémercier Levau Perrault et Gabriel Les Tuile
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ries et le Louvre réunis circonscrivent un espace de cent quatre-vingt-dix mille mètres carrés. I,e
massif du Louvre mesure extérieurement cent soixante-cinq mètres, et ctiaque face intérieure* de la cour cent vingt mètres. La longue galerie du quai, du pavillon de Charles IX à celui de Flore, a plus de cinq cents mètres. Ce sont donc deux longueurs parallèles de sept cents mètres environ qui sont couvertes d'édifices superbes, dont la construction successive a été un indice de notre puissance et de notre gloire croissantes.