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LA MADELEINE

S 2. La Madeleine. La Bourse de Paris. L'Arc de triomphe de TÉtoile. La gare du Nord. Le viaduc de Ôhaumont. Le nouvel Opéra.

Notre siècle tâtonne et va du Grec au Romain, du Romain au Gothique, construisant des églises sans caractère et beaucoup de palais qui ressemblent à des maisons ou à des casernes. Cependant, il faut se garder des critiques prématurées ; la postérité jugera mieux nos œuvres que nous. Le nouvel Opéra, comptera peut-être, qui sait? parmi les merveilles de l'architecture.

Donnons, en attendant, quelques échantillons de notre habileté imitatrice.

La Madeleine, ce faux temple antique, dont la perspective décore si bien l'un des axes de la place de la Concorde, et semble reproduite par un mirage de Tautre côté dé la Seine, sur la façade du Corps législatif, n'est point une masse sans grandeur et sans beauté. Si nous oublions un moment qu'elle ii'est qu'un pastiche de la Grèce, un Parthénon ou un temple de Thésée corinthien, nous goûterons les proportions nobles de ses colonnades et de son fronton, le bon effet des vastes escaliers qui la précèdent et où la foule bariolée se répand' au sortir des cérémonies religieuses. L'édifice a plus de

cent mètres sur plus de quarante ; mais l'intérieur perd vingt mètres dans les deux dimensions ; c'est une seule et riche nef, sans aucune fenêtre, éclairée par des coupoles dorées. Le plus grand luxe règne dans ce sanctuaire grec, dans cette Cellay coiffée à la byzantine, et tant bien que mal accommodée aux pompes catholiques. Grands arcs de Sainte-Sophie, ordonnance corinthienne de la Grécostase, frontons triangulaires des chapelles, pilastres de la Renaissance, dorures do Versailles ou de Gènes, il y a de tout à la Madeleine. Mais aussi pourquoi avoir voulu, faire d'un temple une église? Y a-t-il rien de plus ennemi que le génie grec et le mysticisme chrétien? Napoléon, atout prendre, avait conçu une plus juste idée ; il voulait dédier ce qui fut la Madeleine à la Gloire de la grande armée. Les fondations de la Madeleine datent de.H764; mais sa forme grecque appartient à l'architecte Pierre Vignon, qui y travailla de 1806 à 1828. Le monument ne fut achevé qu'en

Encore une sorte de temple antique, avec ses escaliers, ses péristyles corinthiens, ses entablements, ses corniches classiques, mais malheureusement surmontées d'un toit trop visible. On y adore un dieu puissant, deux dieux plutôt, Plutus et .Mercure, ces maîtres reconnus des consciences et des destinées au dix-neuvième siècle ; en un mot.

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