‹ Les merveilles de la créationChapitre 18 sur 56 · PP CPE EP ET M · texte numérisé non relu

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DE LA CRÉATION. 127 le coup avait été porté d'une main trop assurée, pour n’être pas mortel, et il n'eut qu’à déplorer les tristes effets de son injuste vengeance.

Mais, dit Auguste, je croyais, mon papa, que les serpens n’entraient pas dans les appartemens, et qu'ils n’étaient pas assez gros pour faire des attaques aussi audacieuses.

Bah! l’on voit bien, dit Gustave d’un air moqueur, que tu n'as pas vu le serpent à sonnettes que l'on monirait sur le boulevard , lorsque je suis allé à Paris avec mon papa: tu aurais appris qu'il y a des serpens qui dévorent les hommes, et qui ont jusqu'à quinze et dix-huit pieds de long | —

e . n 3 On voit bien que tu n'es encore qu un

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enfant pour croire de pareilles bêuses ! — Mais puisque je l’ai vu! — Tu avais affaire à quelque escamoteur adroit, qui faisait mouvoir un manne quin. Je suis bien sûr que ton serpent est une fable, pour attraper les gens crédules. — Voilà comme tu es, Au- | guste ; Ce que tu ne sais pas, ce que tu ne connais pas, tu as toujours l'ha-

bitude de dire , que cela ne peut pas

être. — C’est que je ne me laisse pas attraper comme un nigaud. Sn NE

gaud, toi-même ; mais demande plutôt à papa, el iu verras !

Monsieur de Lormeuil interpellé, eut bientôt terminé la querelle, en se rangeant du côté de Gustave. Mon

ami, dit-il à Auguste, c’est une ben

DE LA CRÉATION. 129 mauvaise méthode de vouloir nter, parce que l’on ignore; en l’employant, on risquerait de ne jamais s’instruire.

Combien de choses qui existent, et

qui cependantne sont pas parvenues à

votre connaissance , et n’y parvien-

dront peut-être jamais ! ce serait donc une grande absurdité de nier leur existence. ;

Autant la crédulité stupide peut avoir d’inconvénient , autant le doute orgueilleux nous éloigne de la vérité et lorsqu’on la cherche de bonne foi, ce n’est pas à ses propres lumières qu’il faut s’en rapporter , mais on doit consulter celles des personnes éclairées.

Mais je dois répondre à l’objection d’Auguste.

Il est rare que lesserpens s’insinuent dans les maisons; mais cela s’est vu quelquefois , à la campagne surtout , où le voisinage de bois produit une fraicheur qui les attire; quant à leur grosseur , elle est bien loin en France, d’égaler celle des serpens d’Amérique, dont quelques-uns ont jusqu’à vingt pieds, et sont de véritables monstres. Cependant, on en a vu de cinq ou six pieds de long.

Comme ce monsieur dut être désolé, dit Victor, d’avoir sacrifié son pauvre chien! — Get exemple, mon bon ami , prouve qu’en se livrant à une colère inconsidérée, on risque souvent d’être injuste , et qu’on s’ap-

prête presque touJours des regrets. —

DE LA CRÉATION. 151 Pauvre Médor ! si ce malheur m'était arrivé, je lui aurais élevé un mausolée , et fait faire une épitaphe. — Ç’aurait été pousser un peu loin ton expiation ! — Mon papa, savez-vous encore quelque histoire sur les chiens? celle que vous venez de nous dire, m'a paru si touchante, que j’en ai presque pleuré. — Les traits de fidélité et d’attachement sur les animaux, sont si nombreux, qu’il me sera bien facile de te satisfaire.

Un marchand avait été conduire du bétail à la foire, etil l'avait vendu si avantageusement , que, dans la joie qu’il en ressentait, il revint à l'auberge, avec son dernier acquéreur , Com-

manda un bon souper ; puis, recevant

son payement, il l’enferma dans une bourse , qui contenait déjà deux cents louis en or, ce qui avait excité la curiosité avide de deux autres hommes, qui couchaent dans la même auberge , et qui étaient à table dans la même salle, où le marchand buvait un peu plus largement qu'il n'aurait dû le faire. Lorsque le souper fut terminé, chacun alla se coucher dans le lit qui lui était préparé, et comme arrive souvent dans les auberges de campagne, qu'il couche plusieurs personnes dans la même chambre, le merchand se trouva dans celle où couchaient les deux hommes envieux de son trésor. La fumée du vin provoqua

bientôt le sommeil du merchand ;

DE LA CRÉATION. 133 mais Ceux qui avaient intention de le voler, ne dormaient pas. Ilsavaient remarqué que la bourse , objet de leur envie, avait élé soigneusement entortillée dans la culotte du marchand, et cette culotte élait posée sous son chevet. Comment len tirer? ç’avait été le sujet des réflexions des voleurs, pendant plus d’une demi - heure.

Enfin, le plus alerte se releva, et,

tirant doucement la culotte , il y substitua la sienne, afin que si le marchand venait à s’éveiller, il pût croire que rien n'avait été dérangé; En possession de cette pièce importante, île se levèrent tous deux, au point du jour , et se hâtèrent de sor-

tir de l’auberge; mais au moment où

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SU

134 LES MERVEILLES celui qui avait mis la culotte dérobée, voulut sortir le seuil de la porte, il en fut empêché par l'attaque d’un gros chien , qui avait commencé par le flairer d’une manière amicale, et qui ensuite s’opposa de toutes ses forces à la sortie de l’auberge : en vain lui avait:

il donné force coups de pieds et même quelques coups de bâtons, le chien n’en paraissait que plus acharné à le retenir: il s'était même emparé avec ses dents, du fond de la culotte qu'il tirait avec tant de force, que le voleur, finissant par craindre pour sa peau, rentra dans la cour’, et pria le valet de l'auberge, qui riait de son embarras L de le débarrasser de cet incommode

agoresseur.

FER VTT

On voulut d’abord le tenter, mais inuülement ; etlemaître dela maison étant venu au bruit que causait cette lutte, reconnut le chien pour appartenir au marchand qui dormait encore, et celte circonstance lui ayant inspiré quelques soupçons contre les deux in- .dividus qui prétendaient déloger si inatin , il les fit entourer par ses gens, et monta auprès du marchand, qui se frottait les yeux et s’éveillait seulement; lorsqu'il voulut se lever , et mettre sa culotte , il s’aperçut bien vile que ce n’était pas la sienne, et, pressentant la vérité, il ne prit pas la peine de se vêtir,et, suivant l’aubergiste én courant comme un fou, il criait

tout le long de son chemin : Ce n’est

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