‹ Les merveilles de la créationChapitre 19 sur 56 · CET, LE · texte numérisé non relu

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pas ma culotte ! ce n'est pas ma eulotte! Il arriva, dans cet état, à la cour, théâtre du débat élevé entre son chien et le voleur. Tout déposait tellement contre ce dernier , que l'échange des culottes fut exécuté sans résistance , et le marchand ayant vérifié que sa bourse n’avait pas été ouverte , et que son or y était tel qu'il l'avait placé, il fit grâce aux voleurs de la vengeance qu’il aurait pu en tirer, en les livrant à la justice, et il se contenta des huées dont ils furent couverts et des morsures que son chien leur avait faites. Il raconta qu’il avait déjà dû bien des fois à ce chien, qui élait son inséparable compagnon de

voyage , de n'avoir pas élé volé ; mais

DE LA CRÉATION. 15} ce jour, craignant de le perdre à la foire, s’il l’'emmenait avec lui, il Pavait enfermé dans lécurie et avait oublié de l’amener coucher dans s9 chambre ; aussi docile que fidèle, intelligent animal , n’était sorti de son exil, qu'au moment où il avait lé attiré par les émanations du vêtement de son maître:et, reconnaissant que ce n’était pas lui qui le portait, il avait défendu cette propriété, avec toute la ferveur d’un serviteur dévoué.

C’est bien drôle , dit Gustave , que les chiens puissent sentir ainsi tout ce qui a appartenu à leur maître! D'où cela vient il donc, mon papa? — De

la finesse extrême qu’a chez eux, le.

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sens de l’odorat; il faut que cette finesse, soit poussée: à un degré. bien éminent, surtout dans l'espèce . de chien appelée caniche ; puisqu'il suffit que leur maître ait touché une pièce de monnaie, pour qu'ils puissent la découvrir et la rapporter , si on la cache.

Mais voilà des preuves d’intellicence et de dévoûment , voyons à présent jusqu'où ils portent la sensibilité et Fattachement pour leurs mañtres. ou

Un jeune homme à Paris , avait été patiner sur la rivière , il était suivi de son chien; dans un endroit où la glace n’était pas assez épaisse, pour Sup-

porter le fardeau qui la faisait fléchir,

DE LA CRÉATION. 159 elle se rompit, sous les pieds du jeune homme, qui disparut dans le trou que son poids venait de creuser sous lui; son chier essaya de se précipiter pour latteindre et le sauver, mais, n'ayant pu y réussir, il courut au rivage, où, par des cris lamentables, il semblait implorer le secours des mariniers, et les inviter à le suivre; quelques-uns cédèrent à son Invitation , il les conduisit auprès du trou, où son maître avait disparu ; par l’activité de ses mouvemens, l'intelligence de ses démonstrations ; il semblait vouloir diriger leurs recherches ; mais tout fut inutile, et l’on ne put retrouver le corps du jeune homme.

L'animal désespéré, se coucha sur

le bord du trou; et, par des hurlemens lugubres, semblait exprimer les regrets que lui causait la perte de son maître. En vain on chercha à l'arracher à cette triste occupation en employant tour à tour, les caresses ou les menaces ; on ne put parvenir à lui faire abandonner son poste ; il refusa toute espèce de nourriture , et l’on fut contraint de le tuer sur celte place, dans la crainte qu'il ne devint enragé.

Comme les hommes sont barbares, dit Gustave ! je ne sais pas pourquoi on prétend que les animaux n’ont point d'âme car de tels exemples sont bien faits pour prouver le con-

traire.

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