‹ Les merveilles de la créationChapitre 20 sur 56 · OT · texte numérisé non relu

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Mon ami, répondit monsieur de Lormeuil, ton enthousiasme te conduit beaucoup trop loin, en permettant à la brute de marcher ton égale; et voilà ce que c’est que de parler sans réfléchir : car remarque bien que, de quelque intelligence que soient doués les animaux , ils ne peuvent en dépasser leslimites. Depuis leur création , ils n’ont point augmenté en instinct, ettu oses les comparer à l’homme, qui a si fort aggrandi le cercle de ses connaissances et de ses decouvertes ?.. L'animal obéit à l'impulsion secrette de l'instinct qui le dirige , l’homane raisonne , calcule, choisit lorsque sa pensée l'élève jus-

qu'à son créateur , ses conceplions

142 LES MERVEILLES deviennent sublimes , toutes ses actions sont empreintes des inspirations généreuses de la vertu.

Sa faiblesse l'empêche de vaincre ses passions ; il cède à leur torrent, se dégrade , devient inférieur à la brute qu'il dépasse dans ses excès ; pourquoi me diras tu ? parce que le créateur a voulu lui laisser le mérite du choix, la délibération. L'homme n’est donc pas une machine ainsi que la brute:

sa destination est plus élevée, son organisation bien plus parfaite.

Mais je m'aperçois , mes enfans, que j'aborde des pensées beaucoup trop abstraites pour vous, etqu'en voulant faire comprendre à Gustave la supé-

riorité de l'homme sur les animaux ,

DE LA CRÉATION. 143 j'allais courir le danger de ne plus être compris par vous. Rappclez-vous seulement, que le plus intelligent animal, est à présent ce qu'il était aux siècles les plus reculés, qu’il est incapable d'inventer, d'améliorer, deperfectionner et ne faites plus à l’homme l’injure de donner les mêmes bornes à son intelligence. Victor avait un tel attrait pour tout ce qui tenait à l'histoire naturelle , qu'il ne s'était pas aperçu quetrois heures s'étaient écoulées, depuis que son papa avait commencé à expliquer les merveilles du règne animal, il fut donc tout déconcerté, lorsque monsieur de Lormeuil

se plaignit d’un mal de gorge occa-

sioné par la fatigue d’avoir parlé si

144 LES MERVEILLES long-temps de suite. Satisfait de l’attention que lui avait prêlée son petit auditoire , il lui promit de lui raconter une autre fois , l’histoire non moins intéressante du plus gros des quadrupèdes , de l'éléphant.

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