‹ Les merveilles de la créationChapitre 33 sur 56 · SR RS EL RE · texte numérisé non relu

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taient à leurs descendans les connaissances qu'ils avaient acquises , et qui tenaient toutes à l'emploi qu’on pouvait faire des simples : (on appelle ainsi les plantes médicinales.) Il paraît que l’espècéhumaine s’en trouvait très-bien, puisque l’existence était bien plus prolongée qu'à présent.

Par suite des découvertes que l’on à faites, et des relations que la naviéation a établies entre les contrées les plus éloignées , toutes les parties du monde sont devenues tributaires Îles unes des autres; ainsi l'Asie nous fournit le thé, l'Afrique, le café, l'Amérique , le quinquina, qui guérit la fièvre , et presque toutes les dro-

gues que la pharmacie emploie, nous

. viennent des autres parties du monde.

Sans doute l’art a encore de grands progrès à faire dans cette science , car si on la connaissait bien, je suis trèsconvaincu qu'il n'y a point de pays qui ne produisent de plantes salutaires qui puissent guérir les maladies qui y sont communes.

Le blé, ou froment, est sans contredit de toutes les plantes celle qui est la plus précieuse à l’humanité, puisqu'elle fait la nourriture d’une grande partie de l'espèce humaihe. Son grain est, comme tous les dons du Créateur, un bienfait toujours renaissant pour la conservation des hommes. L’origine de cette plante, si remarquable par son extrême fécondité ‘ sa culture, et

DE LA CRÉATION. 57 les moyens de l’atiliser et d’en tirer une nourriture saine , remontent presque à l’origine du monde ; peut-être Va ton d’abord foulée aux pieds, et ne présentait-elle pas tous lesavantages que la culture lui a donnés, car on voit que le Créateur a accordé à l’homme une sorte d’empire sur tous les fruits, les fleurs et les autres pro-” ductions naturelles, qu’il embellit, perfectionne , et rend presque mÉconnaissables par la beauté qu’il leur procure à force: de soins et de travaux.

Ensuite, le temps a fait faire des découverles précieuses pour améliorer la culture.

Quel que fût le blé dans son ori gine,

c’est actuellement la plante Ja plus 27,

LES MERVEILLES précieuse , ei que l’on s’est attaché à cultiver avec le plus de soin : elle ré:

compense généreusement le. cultiva:

teur de ses travaux, puisqu’ellé donne ordinairement quinze pour un: €’està-dire qu’un boisseau de blé produit quinze boisseaux de blé: et s’il est semé dans une terre nouvelle, qui n'ait pas encore été épuisée par d’autres productions , on peut assurer que sa fécondité tient du prodige.

Pline, naturaliste très -distingué, raconte que sous Auguste, empereur des Romains , un intendant lui envoya, d’un canton de l'Afrique où il résidait, un pied de blé qui contenait quatre cents tiges, toutes provenues d’un seul grain,

ce qui est assurément un phénomène.

DE LA CRÉATION. 59 Papa, dit Victor, je ne comprends pas ce que signifie ce mot. — Un phénomène est tout ce qui est extraordinaire et sort des limites que la nature a prescrites. Par exemple , un homme à deux têtes est un phénomène , puisqu'il ne doit en avoir qu’üne dans l’ordré naturél, et’ cependant cela existé, Aussi jé vous raconte l'étrange fécondité de ce grain de blé, puisque si, dans l’ordié naturel, il ne doit rendre Güe quinze pour un, c’est un phénomène ; S'il rend six mille pour un, nombre des grains contenus dans les cinq eënts tiges désignées.

Quand'vous’ serez propriétaire, et que vous attacherez un intérêt direct

à faire produire Ja terre le plus possi-

ble, vous apprendrez en détail tout ce qui concerne la culture de cet important graminée. Si je vous en entretenais à présent , je vous ennuierais sans vous instruire; je ne vous ferai pas non plus la description de celte plante, puisqu'il n’y a pas un de vous qui n'ait aperçu un champ de blé; le riz, que vous mangez quelquefois avec tant de plaisir , est une autre espèce de graminée, mais qui ne se cultive pas en France; .il exige un climat chaud et un terrain humide, Le Püiémont et l’Jtalie le cultivent avec avantage. Dans beaucoup de contrées d’Asie et d'Amérique, il fait la nourriture des habitans.

Comme les animaux sont les sou

DE LA CRÉATION. |. Ga tiens de l’homme dans les travaux de l’agriculture, Dieu a pourvu à leur nourriture en donnant aux hommes le génie observateur , qui leur fait mettre à profit tout ce que la nature a fait pour eux. Ainsi, les prairies fournissent une récolte précieuse, puisque le foin qu'on y trouve sert de nourriture aux chevaux, aux vaches, au buffle , qui, dans d’autres pays , remplace les bœufs, aux moutons et aux ânes. La paille qui reste des graminées dont on a recueilli le grain , pariage avec le foin l'avantage non seulement de contribuer à la nourriture des animaux , mais c’est avec elle que l’on prépare leur litière, et qui les

délasse la nuit des travaux de la jour-

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