‹ Les merveilles de la créationChapitre 34 sur 56 · Î LES MERVEILLES · texte numérisé non relu

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née. Elle couvre aussi les chaumières dont les pauvres propriétaires ne peuvent pas atteindre le prix élevé des autres matières plus solides et moins dangereuses que l’on emploie ordinairement dans la couverture des maisons. La paille de riz contribue aussi à la toilette des dames, pour qui l’on en tresse d'élégans chapeaux, qui les mettent à l'abri des rayons du soleil ; et cette invention commode , perfectionnée par le luxe, tourne , par son prix élevé, au profit du commerce, puisque l’on voit de ces élégans cha-

peaux se vendre jusqu’à six cents

francs, selon la finesse de leur tissu.

Je ne fixerai point votre attention

sur d’autres herbes, elles n’ont d'’in-

DE LA CRÉATION. 63 térêt que pour les pharmaciens qui les récoltent , et nous les vendent ensuite pour guérir les maladies pour lesquelles elles sont ordonnées ; ou bien pour les teinturiers, qui en tirent les sucs colorans avec lesquels ils teignent les étoffes. J'aime donc mieux promener votre curiosité dans les immenses parterres que la nature à embellis pour flatter nos sens , et je: vais vous parler des fleurs.

Elles sont les productions des plantes qui se changent en fruits, après avoir satisfait notre vue par la vivacité et la diversité de leurs couleurs , et avoir flatté notre odorat par les parfums qu’elles exhalent dans l’'atmo-

sphère.

LES MERVEILLES Pour vous offrir une idée des dé-

nominations que les botanistes donnent à chacune de leurs parties, je vous dirai, en termes de l’art, que la fleur est composée de trois parties : la première est l'enveloppe, appelée calice ; c’est elle qui soutient les fleurs, et les conserve dans l’arrangement qui est propre à chacune. Lasseconde est le feuillage , appelé corolle ; il est composé d’une ou plusieurs feuilles de toutes couleurs, qu’on nomme pétales :

c'est à celte partie que le langage vulgaire applique spécialement le nom de fleur.

La nature a destiné ces feuilles à couvrir le cœur de la fleur, et à la

mettre à l'abri des injures de l'air;

DE LA CRÉATION. 65 mais , à l’aspect du soleil , elles s’épanouissent presque toujours. Gependant , il y en a dont la délicatesse ne peut soutenir l'éclat des rayons du père de la lumière ; elles restent fermées jusqu’à ce que la clarté plus douce de la lune les fasse ouvrir.

La troisième partie est le cœur : c'est la plus précieuse; ilest composé des étamines du pistil et des sommets. Je ne vous ai parlé de ces mots techniques que parce qu'ils s’emploient souvent dans les descriptions , et qu'ilest bon de les connaître. Il y a des Jfeurs qui viennent de graines, d’autres de boutures: de ce nombre sont les rosiers ; dont la tige épineuse semble garantir

la reine des fleurs des atteintes d’une IL, FA

main profane. On lève, à côté du plant principal, les rejets qui l’accompagnent , et mis dans une bonne terre, ils ne tardent pas à reprendre. Les œillets se multiplient de même , quoiqu'on puisse aussi les faire venir par graine ; mais une chose bien merveilleuse dans la culiure des fleurs, c’est qu'on a observé que la poussière végétaie qui tombe des étamines, et que le vent porte sur d’autres fleurs , sert à varier les espèces de la manière la plus singulièr Gest une espèce de mariage ture arrange entre les plantes, et qui, par des rapports extrêmement curieux, établit de nouvelles variétés dans les fleurs soumises

à cette singulière influence. Au moyen

DE LA CRÉATION. 67 de cés'étonnantes associations , il naît souvent des espèces nouvelles, dont on n'avait pas encore eu connaissance.

Les fleurs proviennent ou de plantes ou d'oignons, et la plupart des plantes tirent leur origine des graines.

Les jardiniers n’appellent /Zeurs que celles qui contribuent à l’embellissement des jardins ; tels sont les æcllets, les tubéreuses, les tulipes, les renoncules, les anémones , etc. Une chose assez singulière, c'est que nos plus belles fleurs nous viennent du Levant, excepté les œillets , que nous avons toujours possédés; mais à présent, l’on n’a plus besoin d'aller aussi loin

pour admirer leurnombre, leur beauté,

68 LES MERVEILLES leurextrême variété; la culture ne nous

RAD x en est plus étrangère, et le moindre paysan connaît très-bien la manière

de cultiver , dans le petit coin de terre

qui environne sa chaumière, toutes les fleurs qui peuvent lui donner un

aspect plus agréable.

=] [ L1 L C'est une culture qui exige beaucoup de soins de la part de ceux qui s'y livrent; mais c’est une occupation

si agréable, qui annonce des goûts si

simples , si innocens , et qui dédom-

mage avec usure de la peine qu’on a

prise par la beauté des fleurs que l’on

fait naître , ainsi que par leurs variétés, car l'intérêt et la curiosité ont fait trouver d’ingénieux procédés pour

chamarrer de diverses couleurs les

DE LA CRÉATION. 69 fleurs vivantes des jardins. On a su.

faire des roses vertes, jaunes, et même bleues; mais il faut convenir que la pature a été plus habile dans le choix des couleurs qu’elle-a employées, que tous ceux. qui ont la prétention témé- raire de la surpasser, car toutes cesr couleurs d’emprunt sont bien au-dessous du brillant carmin que la nature a employé pour colorer la reine des.

fleurs.

On a.observé que les fleurs subissaient des changemens presqu'à chaque génération , soit par la culture, le:

terrain , le climat , la sécheresse, l’humidité, l’ombre ou le soleil; tous ceë changemens sont plus où moins prompts , selon le nombre, la force ,

10 LES MERVEILLES la durée des causes qui les'ont occasionés. SATA Les fleurs sont un des plus charmans ouvrages de la nature ; elles ont dû inspirer ‘äux ‘peintres les secrets d’un agréable coloris. L’arrangement élégant de toutes leurs parties, leurs couleurs variées et brillantes, leur fraîcheur, leurs parfums délicieux atürent l'attention des êtres les moins susceptibles d'en avoir. Un parterre peut être étudié comme la palette de la nature , et l’on voit que la bonté du Créateur a voulu fairenaître les fleurs pour plaire à l’homme , et décorer son séjour ; mais l’on né peut jouir entièrement de l'agrément des fleurs et de leurs variétés, si l’on se borne à les

DE LA CRÉATION. 71 admirer. Dans ün parterre, l’homme en aurait-il réuni tant d'espèces, s’il h’avaitremarqué dans ses promenades qu’ellés embellissent les vallées, les montagnes , que les prairies en sont émaillés , qu’on les trouve répandues avec profusion dans les bois, sur la cime des arbres et sur l’herbe qui rampe ? Le charme en est si sûr , que la plupart des arts qui véalent phare empruntent leur secours ; la sculpture les imite dans ses ornemens les plus légers ; l'architecture embellit souvent de feuillages et de festons, les colonnes et les façades de ses édifices; les plus riches broderies présentent presque toujours , à l’œil charmé, des

feuilliges et des fleurs ; les plus ma-

gnifiques étoiles en sont parsemées , et leur principal mérite est d’imiter parfaitement la variété de leurs brillantes couleurs , et de les nuancer avec habileté. Quand la Sagesse divine veut nous donner une idée de son éclat, de sa beauté, de sa mapriicencés c'est toujours des fleurs qu’elle emprunte l’allégorie. L'usage des fleurs , de la rose, du myrthe, qui, d’après les tra.

ditions les plus anciennes, étaient destinés aux rits sacrés, eut lieu dans les aclions ordinaires de la vie. On commença à les employer dans les funérailles , et les jeux , qui en étaient la suite dans les himenées ; la jeune vierge qui va prendre un époux, est

toujours couronnée de fleurs ; les sa-

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DE LA CRÉATION. 75 turnales , jours de fête chez les Romains , que l’on pourrait comparer pour l’extravagance, à notre carnaval; les saturnales, dis-je, n’auraient point été complètes, si on n’y eût prodigué des roses. Les fleurs sontencore , dans certains pays, les interprètes des sentimens les plus tendres ; elles ont un langage que l'amour connaît , une expression qu’il reçoit avec transport où avec tristesse. Dans notre pays même, l'offrande d’un bouquet artistement composé , estune attention que la galanterie emploie, et à laquelle la coquetierie n’est pas insensible ; l'amitié met aussi les fleurs à contribution pour les fêtes que l’on veut souhaiter

à ceux qui nous intéressent; l'amour

des fleurs est si généralementrépande, et leur privation paraît si pénible ; que pour franchir plus patiemment

la saison qui sépare de l’époque du

printemps, où elles paraissent avec tout leur éclat, on les cultive dans des serres chaudes , où l’on rapproche pour elles, par une imitation artificielle, la chaleur vivifiante du soleil.

Enfin, on aime tellement leurs formes

gracieuses, leurs couleurs varices, que l'adresse de, quelques ouvrières est parvenue à les imiter d’une manière surprenante, et la durée de ces

fleurs artificielles permettant de les

employer pour des usages d'agrément,

elles viennent embeilir et ajouter aux

charmes des jeunes dames , avec les-

DE LA CRÉATION. 75 quelles elles rivalisent pour la fraichieur. On a même poussé l’art jusqu’à donner à ces imitations de la nature l’odeur des fleurs véritables dont elles sont les copies.

Mais, dit Victor. comment cela est-il possible, mon papa? J’ai déjà bien de la peine à comprendre comment on a pu parvenir à si bien imiter les fleurs, et quoique je ne sache pas avec quoi on les imite, j'en ài cependant vu auxquelles on aurait pu se méprendre , mais pour l'odeur ?— La sensualité et l’adresse ont tiré parti de tout ce qui existe pour contribuer à l'agrément des hommes ; aussi, not content d’imiter l'éclat fugitif des

fleurs , et leurs formes gracieuses, on

:6 LES MERVEILLES est parvenu à tirer de leurs seins les odeurs parfumées dont elles embaument l'air, et de les fixer sous le nom d’essences, par des procédés que la chimie est parvenue à découvrir ; on extrait des fleurs ce parfum volatil, qui nous transmet les plus suaves odeurs ; les mouches à miel nous ont peut-être montré l’art de recueillir les odeurs dont elles nous ont laissé la propriété, se contentant de récolter ce qui peut satisfaire le goût. Ges préparalions si suaves se font de préférence dans les contrées où les fleurs doivent un parfum plus fort à la chaleur du climat. En Provence ,oùuily a beaucoup d’orangers, on s'occupe

particulièrement du soin de fabriquer

des essences et des eaux de senteur ;

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on en répand quelques gouttes sur les fleurs artificielles , qui se font avec des petits morceaux de batiste , ou des ro- #nures d’étoffes extrêmement déliées, dont l’art tire un ingénieux parti. Le commerce de ces bagatelles produit des sommes considérables, tant est répandu le goût des fleurs et de leurs imitations. Les Francais et les ftaliens excellent dans ce genre ; la gourmandise fait aussi son profit de tous les avantages qu’elle peut tirer des fleurs ; il n’est aucun de vous qui n'ait savouré avec délices ces excellens massepains de fleurs d’oranges; ces délicieuses conserves de rose ou de violette, où

le parium est uni au bon goût.

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Je trouve , dit Auguste , que le miel est une très-bonne chose , mais j’aime encore bien mieux le sucre ; vous ne nous avez pas dit, mon papa, dans quelle fleur il se trouvait. — Ce n’est pas une fleur qui donne le sucre , mon ami, mais une espèce de roseau que l’on nomme canne à sucre; ce roseau Ÿ s'élève quelquefois à plus de neuf pieds, il est creux en dedans, et se remplit d’une espèce de moelle liquide, dont on lire le sucre. — Je n’ai jamais vu de ces roseaux. — Je le crois bien , puisqu'il n’y en a point dans ce pays-ci : la canne à sucre croît naturellement dans les Indes , les îles Canaries, et les pays chauds de l’Amé-

rique. Ge roseau est d’un vert tirant

DE LA CRÉATION. 79 sur lejaune ; les nœuds qui marquent sa tige sont environ à quatre doigts les uns des autres, saiïllans, en partie blanchâtres, et en partie jaunâtres ; de ces nœuds partent des feuilles qui tombent à mesure que la canne mûrit:

et lorsqu'elle se couronne de feuilles à son sommet, elle approche de sa maturité. Alors elle est jaune et pesante; son écorce est lisse, et la matière spongieuse de l'intérieur se brunit, la tige soutient à son sommet une particule de fleurs semblables à celles du roséau ordinaire ; sa racine est épaisse et fibreuse , elle se plaît dans les terrains gras et humides. -— Mais com-

ment ces roseaux peuvent-ils donner

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le sucre qui est si dur et si blanc ? — Par des préparations qui consistent à prendre les cannes lorsqu'elles sont mûres : on les coupe très-près de la racine, et on en rejette les feuilles ; on broie ensuite les cannes sous des rouleaux de bois très-dur qui en ex-

priment une liqueur douce, visqueuse,

appelée micl de cannes; on la fait cuire ensuite, et au moyen de l’ébullition et des matières que l’on y mêle,

on lui donne la consistance du sucre:

par d’autres préparations, on lui donne la dureté et la blancheur qui nons charment. Avant la découverte de l'Amérique, on ignorait en Europe

l'usage de cette denrée si agréable au

à me. PNR S

’ DE LA CRÉATION. 81 goût et si stomachique, qu'il n’est presque point de remèdes où la mé decine ne l’emploie.

Les confiseurs doivent toute leur importance à cette agréable production , puisque c’est elle qu'ils emploient pour conserver les fruits sous le nom de confitures. Les sirops , les liqueurs, les marmelades , et toutes ces sucreries auxquelles on est parvenu à donner des formes si agréables et si variées, ont exercé le talent du confiseur.

Mais si la sensualité se félicite d’une fabrication aussi agréable pour elle, combien la philantropie n’a-t-elle pas à regretter que la découverte de l’Amérique , en nous procurant des jouis-

sances de plus, ait amené l’odieux 3*

LES MERVEILLES trafic des nègres, qui seuls peuvent cultiver ces denrées précieuses, qui enrichissent le commerce ? = Mais ,” mon papa, pourquoi donc les nègres peuvent-ils cultiver seuls ces denrées ?

— Parce qu’étant nés dans un climat brûlant, ils peuvent supporter plus facilement les travaux qu’exige la culture des cannes à sucre , du café, de lPindigo, qui sont les principaux objets qui alimentent le commerce de os colonies , dont la température est si brûlante, que les Européens ont encore bien de la peine à y conserver la vie, tout en se livrant à la plus molle oisiveté ; à plus forte raison ne pourraient-ils pas supporter la fatigue

du travail , et d’un travail très-pénible.

DE LA CRÉATION. 85 — Je commence à regretter que toutes les bonnes choses que j’aime beaucoup, coûtent tant de peine à de pauvres malheureux. Mais il me semble que puisqu'ilest impossible de se passer des nègres, on devrait faire avec eux comme on fait en France avec les domestiques, et leur donner de bons gages pour les faire travailler, — Mon ami, là cupidité ne raisonne jamais d’après les principes de la justice, ct il à paru bien plus facile à ceux qui avaient des propriétés en Amérique , d’acheter de malheureux esclaves pour les faire valoir, que d'établir une convention volontaire et libre des deux côtés ; mais des souverains éclairés et

amis de l’humanité se sont occupés

84 LES MERVEILLES de ce déplorable commerce pour l’abolir, et l’on doit espérer qu'avant une époque bien éloignée , l'humanité n'aura plus à rougir de la traite des nègres. — Qu'est-ce donc que l’on appelle ainsi? — L’abominable coutume d'aller sur les côtes d'Afrique, profiter de lignorance des peuplades nègres qui les habitent, pour enlever les habitans par ruse, ou en profitant de leurs désirs Immodérés ; car au moyen de quelques pintes d’eau-de-vie ou de bagatelles en verroteries rouges, bleues , etc., dont ils font des parures, on obtient en échange des hommes, des femmes et des enfans. On entassait ces malheureux sur des vaisseaux où

l’air et Ja place qui leur étaient néces-

DE LA CRÉATION. 85 saires pour ne pas périr, étaient calculés quelquefois avec tant de parcimonie, que les pauvres nègres entassés, mal nourris, et souvent enchaînés, mouraient avant d'arriver à leur destination. — Quelle cruauté ! — Ceux qui arrivaient aux colonies où l’on devait les vendre étaient conduits sur la place du marché, où ils étaient mis à prix, comme tu le vois faire dans les foires pour les animaux ; là, sans égard pour leurs supplications , afin qu’on ne les séparât pas des objets qui leur étaient chers, on les entraînait sans pitié chez les maîtres à qui on les avait vendus, et livrés au travail le plus pénible, ils étaient forcés de

l’'exécuter , sous peine d’éprouver de

LES MERVEILLES la part des colons les traitemens les plus barbares. — C’est bien affreux ! — Les puissances européennes ont rougi de ces attentats qui révoltent l'humanité , et par une résolution généreuse , elles sont convenues à l’unanimité de renoncer à un commerce aussi odieux, et de ne se servir que des nègres que l’on aura engagés librement; mais le mal se fait prompiement, et le bien ne s’opère qu'avec lenteur ; et il faudra encore bien des années avant que la cupidité puisse être enchaînée par la volonté des souverains qui veulent rendre à l’humaaité ses droits, Mais poursuivons l’exanen que nous avions commencé.

Nous avons vu que les fleurs ont

DE LA CRÉATION. 87 non seulement des destinations d’agrémens , mais qu’elles sont utiles pour la santé, et que leurs tnfusions, leurs décoctions ; prises intéricurement, guérissent beaucoup de maladies : leurs sucs fournissent aussi à la teinture des ressources infinies.

Voyons à présent avec la même rapidité , puisqu'il nous est impossible de nous appesantir sur les détails, les merveilles produites par les arbres.

Ils sont les plus gros et les plus élevés des végétaux. On observe dans toutes les productions de la nature, qu’elle se plaît à marcher par des, nuances insensibles ; ainsi on la voit passer de la plante la plus basse à la

plus élevée , de l'herbe la plus tendre

LES MERVEILLES jusqu’au bois le plus dur : aussi les hommes ont-ils donné aux plantes divers noms, suivant leur état et leurs forces ; tels que ceux d'herbes, de sous -arbrisseaux , d’arbrisseaux et d'arbres. C’est dans ce géant du regne végétal que nous pourrons examiner celte organisation merveilleuse, par laquelle les sucs s'élèvent, s’élaborent dans les plantes ; merveille commune à l'arbre comme à l’herbe la plus simple.

On remarque, dans un arbre coupé, le bois, l’aubier et l'écorce : toutes ces parties se font voir dans les branches ; mais la moelle , qui est au centre, s’y fait mieux remarquer, Cette

moelle est un amas de petites cham

DE LA CRÉATION. 89 brettes séparées par des interstices; on y trouve beaucoup de sève. Autour de cette moelle sont rassemblés , suivant la longueur du tronc, plusieurs vaisseaux , qui semblent destinés à porter jusqu’à l’extrémité des branches une circulation active , qui, comme dans le corps des animauz , donne l'accroissement et* soutient la vie. Les vaisseaux propres sont des canaux creux qui s'élèvent dans toute la grandeur de l'arbre , et contiennent le suc qui lui est particulier. Dans les uns, c’est une résine, matière gluante et inflammable, que les sapins donnent en abondance; dans d’autres , une gomme , dont la peinture, la médecine et+l'art du teinturier font

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