II. a
90 LES MERVEILLES usage ; dans tel arbre, c'est du lait, tels que dans les figuiers ; un autre donne de l'huile , quelquefois un miel, un sirop, une manne. Ce suc, lorsqu'il rompt les vaisseaux qui le contiennent, et s’extravase dans certaines parles de l'arbre, le fait périr, comme dans l’abricotier , dont les branches sessurchargent de gomme.
Les vaisseaux limphatiques contiennent une limphe , qui diffère peu de l’eau pure dans certaines espèces d'arbres. La vione en donne une grande quantité lorsqu'elle pleure au commencement du printemps; mais elle cesse d’en donner quand les feuilles sont épanouies. La même organi-
salion se retrouve dans les racines,
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DE LA CRÉATION. g1 dans leurs chevelus , qui sont aussi ccliés que des cheveux , et dans les branches de tous ces vaisseaux, réunis dans les pédicules des feuilles , se distribuent en plusieurs gros faisceaux, d’où il part un nombre infini de faisceaux moins gros, qui se subdivisent en une infinité de ramifications, et forment un réseau qu’on peut regarder comme le squelette des feuilles :
les moelles de ces réseaux si délicatement tissus, sont remplis d’une substance cellulaire.
Les boutons qui sortent des branches et des racines, ont la même orsanisation : ce sont autant de pelites plantes entières dont les parlies sont
repliées les unes sur les autres, et ne
92 LES MERVEILLES se développent que tour à tour. Dans les boutons, comme dans les œufs, et dans les germes des petits animaux , il y a des degrés ou des diminutions d'avancement qui vont jusqu’à l’infini. La prudence du Créateur et sa bonté n’éclatent pas moins dans ces ménagemens que sa puissance , puisque non seulement il nous donne d’excellens fruits pendant l’année , mais qu'il en réserve une récolte toute semblable pour l’année prochaine , et qu’en empêchant, par des préparations inégales, tous les boutons de s'ouvrir à la fois, il assure à notre consommaiion journalière des provisions inépuisables. C'est pendant le
cours de l’été que se forme peu à peu,
DE LA CRÉATION. 93 » la naissance des feuilles, ces boutons, d’une forme un peu allongée, qu’on aperçoit en hiver sur les jeunes branches. Non seulement les boutons de chaque genre d’arbre ont des formes particulières , mais les boutons de chaque espèce en ont qui, bien observées, suffisent aux jardiniers qui élèvent des arbres en pépinière , pour leur faire distinguer les espèces des boutons qui se trouvent sur le même arbre ; les uns sont pointus , et s'appellent boutons à bois, parce qu'il en sort des branches ; les autres sont plus sros et plus arrondis, ils fournissent les fleurs , et on les nomme boutons à fruits. Les plantes annuelles , et cel-
les qui ne sont vivaces que par leurs 3*.