‹ Les merveilles de la créationChapitre 36 sur 56 · A SRE EE CONTE RES TON NE CRE SET · texte numérisé non relu

A SRE EE CONTE RES TON NE CRE SET

d4 LES MERVEILLES racines , ne portent point de boutons sur leurs tiges ; elles en ont seulement sur leurs racines.

Les hommes , voulant mettre à profit les dons de la bienfaisante nature, se sont efforcés de multiplier les arbres qui méritaient de l'être par la qualité du bois, la bonté des fruits , la beauté des fleurs et celle du feuillage ; ils ont même perfectionné la na- Lure ; l’homme cultivateur a su découvrir le secret admirable de la oreffe. Avec quel plaisir ne voit-on pas, par celle opération, un mauvais arbre se changer en un plus parfait, ou le même arbre porter différentes espèces de fruits ?

Mais comment cela se peut-il, de-

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manda Gustave ? — Cet art, dont l’origine est pour ainsi dire le berceau de lPagriculture, consiste à adopter ou une branche , ou un bouton, avec son écorce, sur l'arbre que l’on veut perfectionner ; il est nécessaire que le sauvageon , ou jeune arbre que l’on veut greffer, soit d’une nature analogue avec la greffe de l'arbre , que l’on y insinue au moyen d'une fente que l’on fait dans l'écorce du sauvaceon , et que l’on fixe ensuite avec un peu de chanvre : aussi faut-il que les fruits à noyaux soient oreffés sur des sauvageons à noyaux , ei les fruits à pépins sur des espèces analogues.

Qui ne serait pénétré d’admiration en

voyant combien la culture peut con-

iribuer à l'amélioration des fruits ?

Elle est à cet égard comme l’éducation , qui développe, perfectionne les qualités morales d’un enfant, que l’on peut regarder comme le sauvageon de lespèce humaine , mais pour qui les bienfaits de la culture que l’on donne à son esprit et à son cœur, le mettent à même de figurer avec disünction dans Îa société pour laquelle il est né.

La preuve que lorganisation des arbres a quelques rapports avec l’organisation animale , c'est qu'ils sont sujets à des maladies et à la mort. Souvent l’arbre tombe en langueurs à ou éprouve une espèce de rachitisme

qui empêche de prendre son accrais-

DE LA CRÉATION. 97 sement ordinaire ; d’autres fois , des excroissances gênent la circulation de sa sève, et nuisent à la qualité de ses fruits : d’autres fois encore, il se fait des épanchemens extérieurs qui énervent l'arbre et lui font perdre toute sa vigueur. Les jardiniers habiles sont les médecins qui savent remédier où prévenir ces sorles de maladies, en dirigeant la taille des arbres de manière à lui rendre plus de force ; car , pour concourir à la beauté des fruits, l’art du jardinier n’est pas inutile , puisque deux fois par an il débarrasse les arbres d’une végétation qui l’énerverait, On retranche donc de l'arbre des branches que l’on appelle gour-

mandes , parce que si on les laissait

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croître , elles absorberaient., dans leur accroissement inutile , la sève nécessaire pour grossir le fruit, Vous voyez combien de détails peuvent intéresser l'observateur de la nature , puisqu'ils tendent tous à perfectionner la bonté et la beauté des fruits qui font nos délices.

Les naturalistes s'amusent quelquelois des expériences bizarres qui n’ont d'autre but que de faire obéir à la volonié des hommes les lois ordinaires de la végétation. Dans ce nombre , on peut citer celle qui eut un résultat des plus surprenans. Quelqu'un fit planter des arbres, les branches dans la terre , et les racines en l'air : ils re-

rirent, quoique dans une position quoiq

sénnsoo N dS.

DE LA CRÉATION. 99 si contraire-à celle qui leur est naturelle: les branches produisirent des racines, et les racines des feuilles.

D'abord ils poussèrent plus faiblement, mais au bout de quelques années , la différence était presque effacée. u

Que de phénomènes la nature n’offre-t-elle pas à nos méditations ? Ge n’est pas assez de la suivre dans soñ cours ordinaire et régulier, c’est en essayant de la dérouter qu’on peut connaître toute sa fécondité et ses ressources.

Mais une chose extraordinaire, c’est la puissance que les plus petits insectes exercent sur des objets dont ils ne fe-

raient pas la millionième partie. Les

vers , les chenulles, les fourmis, les pucerons, par leurs attaques réitérées, produisent des maladies qui font quelquefois périr les arbres. Les chenilles, en dévorant les feuilles , le privent d’un abri qui le garantissait des ar-

deutrs du soleil ; le ver, en s’insinuant

dans le fruit, pique le cœur, et le fait tomber avant sa maturité, ou s’il y

arrive , il est toujours d’une mauvaise

qualité ; la fourmi, en plaçant trop près des racines son asile, entrave, par son dangereux voisinage, la circulation , qui devait alimenter jusqu'aux petites branches de l’arbre; les pucerons leur causent aussi un grand

dommage, et l’on est tout étonné de

rencontrer dans les bois de irès-2ros

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DE LA CRÉATION. 101 arbres percés d’une multitude de pelits trous causés par des vers rouges qui l’attaquent , s’y insinuent et les affaiblissent au point que le vent les renverse ensuite plus facilement.

Si je voulais vous faire la nomenclature de toutes les espèces d'arbres connues , je m’engagerais dans des détails au-dessus du temps que nous pouvons consacrer à cet entretien. de vous observerai seulement que, dans les quatre parties du monde , la bonté prévoyante du Créateur a placé des espèces d'arbres analogues aux climats et aux besoins des hommes qui les habitent. Ainsi, dans les pays brüûlans, placés sous la zone torride , par-

tout le cocotier offre'ses richesses aux

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