CHAPITRE III
M. de Lormeuil dirigea à dessein la promenade de ses enfans du côté d’une carrière d’où l’on tirait des pierres énormes; ayant choisi pour s'asseoir un emplacement qui ne les privait pas de voir les travaux des ouvriers, M. de Lormeuil leur parla ainsi :
Vous voyez, mes bons amis, des richesses d’un nouveau genre, mais qui ne peuvent être arrachées à la terre qu'avec des peines infinies. Les
carrières, dont vous voyez en Ce
130 LES MERVEILLES moment une des plus abondantes, contiennent les pierres qui servent à construire les murs qui soutiennent nos maisons, et forment les enclos qui nous garantissent contre les malintentionnés. Ces pierres que vous voyez extraire de ces excavalions , sont quelquefois trop énormes pour que des hommes puissent les enlever de leurs retraites ; mais où la force manque, l'adresse et l'intelligence peuvent suppléer. Aussi, par le moyen de la poudre à canon, on fait sauter par éclats les blocs énormes dont l’épaisseur et la solidité semblent être l'ouvrage des siècles accumulés ; de là viennent ces exCavations souterraines,
qui existent presque toujours auprès
DE LA CRÉATION. 131 des grandes villes. Bans des temps calamiteux de guerre , elles ont souvent servi de refuge à ceux qui fuyaient pour éviter les dangers du pillage.
Il y a plusieurs espèces de carrières, car des unes on tire le marbre, et elles s'appellent marbrières ; celles d'ardoises se nomment ardoisières k et celles de plâtre, plâtrières. Le marbre sert à la sculpture, et est employé pour les édifices où l’on veut étaler de la magnificence ; l’ardoise couvre le toît des maisons , et le plâtre est d’un usage indispensable pour faire le mortier qui he et consolide les murs. Vous voyez , dans cette partie de’richesses contenues dans le sein
de la terre, combien on rencontre
d'utilité , et il paraît que le sol où l’on établit ces carrières se métamorphose en pierres , avec la lenteur de beaucoup de siècles ; car un observateur a remarqué qu’en Touraine une partie du sol qui avoisinait son château s’est changée en pierres tendres , dans ‘an espace de quatre-vingts ans. Îl a fait bâtir avec celte pierre , qui est devenue très-dure étant employée. La libéralité de la nature n’est pas moins grande, dans certains pays où elle a placé des mines ou carrières de sel qui suppléent pour les usages communs de la vie au sel que l’on ; tire de la mer. |
Mais si nous essayons de parcourir
tous ces minéraux'si multipliés dont
DE LA CRÉATION. 133 les uns alimentent la richesse et lopulence , les autres enrichissent la médecine et la physique; les autres contribuent à la fabrication des métaux : quel. nouveau champ s'offre à notre admiration !|
Les diamans, si recherchés, que l’on paie à raison de leur grosseur , de leur régularité et de la perfection de leur eau ; cette pierre est la plus pure, la plus dure, la plus pesante, la plus
diaphane étant polie.
— Qu'est-ce donc qu être diaphane ? demanda Gustave. — C’est ce qui est si transparent qu'on apercoit à travers la clarté de la lumière.
— Et vous dites, mon papa, que cela
se trouve dans la terre? les boucles
d'oreilles de maman sont de diamans, n'est-ce pas ? — Oui, mon ami, mais il ne se trouve pas dans la terre, comme tu le vois employé; car on présume que les diamans ont été primitivement des gouttes d’eau cristallisées qui se sont pélrifiées, c’est-àdire qui ont acquis la dureté de la pierre ; aussi tous les diamans commencent par être bruts , et sont enveloppés d’une croûte grisâtre et souvent grossière , qui laisse à peine apercevoir quelque transparence dans l'intérieur de la pierre. Cette pierre précieuse est si dure, qu’elle résiste à la lime, et acquiert la propriété de reluire dans Pobscurité, soit en la frottant contre
un verre, soit en l’exposant quelque
DE LA CRÉATION. 135 temps aux rayons du soleil. Gomme la plupart des pierres transparentes , le diamant a la propriété d’attirer , immédiatement après avoir été frotté , la paille , les plumes, les feuiiles d’or, le papier , la soie et,les poils. I y en a de plusieurs couleurs : le rubis, qui est d’un rouge pourpre ; le saphir, qui est d’un beau bleu ; l’'emeraude, qui est d’un beau vert ; laméthyste , qui est d'un violet clair ; la -topaze , qui est jaune ; mais le. plus beau et le plus estimé, est le diamant blanc.
Il semble que la nature ait été avare d’une matière si parfaite et st belle. Jusqu'à ce siècle, on ne connaissait de mines de diamans que
dans les Indes orientales. Depuis on
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136 LES MERVEILLES en a trouvé dans le Brésil et l’Amé rique.
Les plus belles mines de diamans et les plus riches, sont en Asie, dans les royaumes de Golconde et de Visapour et de Bengale, sur les bords du Gange, dans l’île de Bornéo. Dans les environs de Golconde , la terre est
sablonneuse, pleine de rochers et cou
verte de taillis. Les rochers sont sé-
parés par des veines de terre, d’un ‘demi-doigt, et quelquefois d’un doigt de largeur. C’est dans cette terre que l’on trouve les diamans. Les mineurs la tirent avec des fers crochus , ensuite on la lave dans des vases, pour en séparer les diamans. On répète
celte opération jusqu'à ce qu'on sc
soit assuré qu’il n’en reste plus. Il y
à une de ces mines qui occupe jusqu’à soixante mille ouvriers , tant hommes que femmes et enfans. Il y a encore une matière bien singulière qui se trouve dans le sein des rochers, et que l’on appelle cristal de roche. On perce souvent les rochers pour entrer dans Les cavernes qui les contiennent.
On soupçonne , avec assez de vraisemblance , le cristal de roche d’être la base de toutes les pierres précieuses ; car réellement il n’en diffère que par la dureté ; aussi, lorsqu'il est coloré , on l'appelle du nom de la pierre précieuse à laquelle il ressemble , en y ajoutant Pépithète de faux. Le cris-
tal de roche se trouve dans toutes les
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parties du monde où il y a des montagnes en chaîne , et dans des grottes ou des cavernes abreuvées d’eau. Ils pendent aux voûtes supérieures , tapissent aussi les parois des cavernes ; il en vient des Indes et du Brésil; en Europe , c’est le mont St.-Gotard qui en fournit la plus grande partie. Le cristal se tire quelquefois en pierres très-volumineuses , et l’on en a trouvé de pures et sans défaut qui pesaient jusqu'à cinq cents livres.
Le règne minéral se divise en beaucoup de parties ; il comprend les métaux, dont le plus précieux dans l'opinion est l'or, et le plus utile en réalité est le fer. L'argent est un mé-
tal blanc, qui, après l’or, est le plus
parfait, le plus beau et le plus précieux des mé{aux. ; On trouve quelquefois de largent pur , formé naturellement dans les mines ; mais le plus souvent il est mêlé avec des matières étrangères dont on le sépare par des opérations que l’art a su combiner. On le trouve sous diverses formes et sous différentes couleurs très-variées. G’est dans le cabinet des naturalistes et des riches amatéurs que l’on aime à admirer ces beaux jeux de la nature dans les mines d’or, d'argent et d'autres métaux. On ytrouve entre autres espèces de mines très-curieuses, de l'argent en cheveux, dont les filamens sont
si fins et si déliés qu’on ne peut les
mieux comparer qu’à des cheveux de :
fils de soie, on a un flocon de laine qui serait tacheté de points brillans.
L'argent en feuilles ressemble beaucoup à des feuilles de fougères ; on.
y voit une côte qui jette de part et d’autre des branches.: toutes ces variétés portent le nom d'argent vierge ou natif. Il y en a aussi en bloc solide, qui se trouve particulièrement dans les montagnes du Pérou ; mais les mines les plus ordinaires sont celles où ce métal est renfermé dans la pierre ; il se montre encore-:sous un, grand nombre de formes , dans le sein de la terre, et en même temps que d’autres matières minérales, telles
que le soufre, Parsenic, etc., elc.
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DE LA CRÉATION. 141 Il y a des mines d’argent dans les quatre parties du monde ; mais l’Amérique est la plus riche dans ce genre.
On ne peut songer sans frémir à quels dangers s’exposent les hommes pour arracher les métaux des entrailles de la terre. Je vais vous faire, mes enfans , la description d’une mine d’argent qui existe en Suède ; cela vous donnera une légère idée de toutes les autres.
On descend dans cette mine par trois larges bouches semblables à des puits dont on ne voit pas le fond. La moitié d’un tonneau, soutenue par un cable, sert d’escalier pour descendre dans ces abimes, au moyen d’une
machine que l’eau fait mouvoir. La
br.
142 LES MERVRILLES
grandeur du péril se conçoit aisément, puisqu'on n’est qu’à moitié dans un {onneau , et que l’on ne porte que sur une jambe. On a pour compagnon un homme noir comme un forgeron, qui entonne tristement une chanson lugubre , et qui tient un flambeau à la main. Quand on est au milieu de la descente, on commence à sentir un grand froid : on entend les torrens qui tombent de toutes paris ; enfin, après une demi-heure , on arrive au fond d’un gouffre. Alors la crainte se dissipe ; on n’aperçoit plus rien d’affreux : au contraire tout brille dans ces régions souterraines ; on entre dans une espèce de grand salon sou-
tenu par des colonnes de mine d’ar-
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DE LA CRÉATION. 143 gent; quatre galeries spacieuses y
viennent aboutir. Les feux qui servent à éclairér les travailleurs se répètent sur l’argent des voûtes et sur un ruisseau qui coule au milieu de la mine.
On voit Ià des gens de toutes les nations : les uns tirent des chariots , les | autres roulent des pierres: chacun a son emploi. G’est une ville souterraine : il y a des maisons, des cabarets , des écuries et des chevaux. Mais ce qu'il y a de plus singulier, c’ést un moulin à vent, mis en mouvement par un courant d'air; le moulin va continuellement dans cette caverne , ét sert à élever les eaux, qui incommodeéraiént les mineurs.
— Mon dieu! mon papa, il me
semble entendre raconter un conte, de fée, en écoutant ce que vous dites.
— La nature offre tant de merveilles , qu'il n’est pas étonnant qu’elles excitent ta surprise ; mais, mon ami, combien toutes ces richesses, et les moyens de les utiliser, ont fait perdre la vie à de pauvres Indiens ! — Gomment donc cela, mon papa? — C'est en Amérique, où les mines sont les plus productives, et dans le Potosi :
il y a des mines à exploiter, où le travail devient funeste aux ouvriers , à cause des exhalaisons qui sortent de la mine. On rencontre même quelquefois des veines métalliques , qui rendent des vapeurs si perni-
cieuses, qu'elles tuent sur-le-champ ,
eb qu’on est obligé de les refermer.
On oblige les paroisses des environs du Potosi, de fournir tous les ans un certain nombre d’Indiens , pour le travail des mines. Ils partent avec leurs femmes et leurs enfans. À peine sont-ils arrivés , qu’ils descendent tout aus dans les horreurs de ces tombeaux métalliques , où ils ne voient pas le jour. Au bout d’une année de travaux, on permet à ces infortunées victimes de revenir à la surface de la terre , eb à. leurs habitations. Presque tous les ouvriers qui ont travaillé pendant un certain temps aux mines, sont perclus de tous leurs membres , et l’humanité frémirait d'apprendre combien
de victimes ce genre de travail peut
faire. Heureusement, il existe dansce pays une herbe nommée l’herbe du Paraguai, que les mineurs mâchent comme du tabac , et prennent en infusion. Sans ce secours, on serait obligé d'abandonner la mine.
“ Le cuivre est de tous les métaux imparfaits celui qui approche le plus de l'or et de l'argent pour ses qualités ; il est très-sonore et très-dur ; il se trouve dans la terre , sous diverses formés et sous un nombre infini de couleurs, mêlé et combiné avec d’autres matières. Il est de tous les métaux celui dont les mines sont les plus variées , car il se rencontré raremént sous sa véritable forme métallique. On
le trouve encore plus souvent que le
DE LA CRÉATION. 147 fer. Les mines de cuivre sont presque toujours chargées de soufre, d'arsenic, de parties ferrugineuses , et d’une portion d’argent...il a été le premier métal découvert par les anciens. Les Romains ont eu l’art de le durcir et de l’amener jusqu’à l’état de l'acier, à l’aide de la trempe et du marteau. Îls faisaient avec cette matière des instrumens de première nécessité, tels que des charrues, des couteaux , des haches, des épées, etc.
Il y a dés mines de cuivre dans toutes les parties du monde connu :
elles sont disposées par sillons qui pénètrent la terre à des profondeurs ex-
trêmes.
— Mais, mon papa, dit Auguste.
je sais bien que notre batterie de cuisine est en cuivre ; pourquoi les chaudrons sont-ils jaunes , et les marmites sont-elles rouges ? il y a donc du cuivre de deux couleurs ? — C’est que le cui- ‘vre mélangé avec d’autres substances donne pour ainsi dire naissance à d’auirés métaux dont quelques-uns sont d’une grande beauté ; fondu avec le zim , il donne le similor, et ressemble beaucoup à l'or ; avec la calamine , il forme le cuivre jaune ou laiton où airain : par cet alliage, il devient capable de se bien mouler ; élant fondu, il prend fidèlement les traits que l’on veut lui imprimer. Le laiton élant poli, prend l'éclat de l’or ; on en gar-
nit des meubles ; on en fait des orne -
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DE LA CRÉATION. 149 mens de pendule, sous mille formes gracieuses. On fait mille choses utiles avec le cuivre : tous les rouages d’horlogerie , les instrumens de mathématique, etc. Lorsqu'il est allié avec de l’étain , il produit le bronze, et c’est avec cette matière que l’on coule les statues, les canons et les cloches ; on en fait des monnaies, des médailles, et tout ce qui sert à perpétuer les grands événemens ; on en fait, sous la forme de laiton, jusqu’à des cordes de piano , et d’autres instrumens ; on l’emploie aussi pour faire les planches de gravures.
Il est fâcheux que ce métal joigne à tant d'utilité beaucoup de dangers,
car, par suite des usages auxquels on IL. 5
l’emploie, on est souvent empoisonné.
Le moindre acide qui se trouve dans du cuivre, produit le vert-de-gris, et celte substance tue. Aussi l’on a vu plus d’une fois d’imprudentes cuisipières empoisonner des familles entières pour avoir eu la négligence de laisser refroidir dans les vases qui leur avaient servi à faire la cuisine, les alimens qu’elles avaient préparés. Dans les ateliers en grand, où l’on façconne le cuivre , on y respire une forle odeur , due aux émanations de ce métal, et qui est fort dangereuse : les ouvriers ont leurs cheveux , la peau du visage, des mains etles ongles colorés en vert.
Si l’on avale, par malheur, du vert-de-
gris , on ressent à l'instant de violentes
DE LA CRÉATION. 151 douleurs dans l’estomac ; des coliques, des vomissemens , des sueurs froides, des convulsions , et enfin la mort, sont les terribles suites de ce poison lorsqu'on n’y oppose pas des remèdes très- prompts, encore quelquefois sontils inutiles.
Le fer est un métal très-compact et peu malléable, solide, dur, sonore , et le plus élastique des métaux.
La sage et prévoyante Providence, toujours attentive à pourvoir aux besoins de l’espèce humaine , a su multiplier les productions qui lui sont de première nécessité Les plus utiles du règne végétal et du règne animal , sont aussi les plus communes. Dans le règne
minéral , le fer tient un des premiers
rangs parmi les métaux nécessaires à l'homme : la Nature lui a donné des propriétés sans nombre et très-utiles; elle l’a répandu avec profusion dans les
entrailles de la terre ; il est peu de
‘pays qui n’ait à se féliciter de possé-
der dans ses environs, des mines ou des fonderies de fer. Nous en avons beaucoup en France.
Dès les premiers âges du monde, les hommes ont connu le fer. On attribue à Tubalcaïn , sixième descendant de Caïn, l’art de l’avoir utilisé.
Le fer n'avait d’abord d’autre usage que de servir à la culture de la terre :
le luxe et l’avarice le font servir à fouiller dans les mines ; l’ambition et
la tyrannie en ont fait des armes pour
DE LA CRÉATION. 153 la destruction des humains ; le besoin et l’industrie l’emploient à la perfection des arts : il en est l’âme, et l’usage de ce métal s’étend partout. En Suède il y a une montagne de fer connue sous le nom de T'aberg. Cette masse de terre métallique est située à quarante lieues de la mer, et à plus de quatre cents pieds de hauteur perpendiculaire, et a une lieue de circuit.
Elle n’est, à proprement parler , qu'une masse ou filon de fer, trèsriche. Cette montagne, qui n’a aucune mine dans $es environs , est un des plus singuliers échantillons du cabinet de la Nature ; elle est posée sur un lit de sable très-fin , dont elle pa-
raît avoir été couverte ,; et semble 5*
avoir été transportée dans cet endroit.
Quoique, depuis plus de deux siècles, on en ait fait sauter des masses énormes , elle ne paraît pas considérablement diminuée. On aperçoit sur la surface de cette montagne plusieurs crevasses remplies de sable de mer très-fin et très-pur ; on y trouve aussi des os de cerf et d’autres animaux rangés horizontalement dans des lits de sable.
Lorsque les Espagnols firent la conquête du Pérou , les naturels du pays furent si charmés de l’utilité dont le fer pouvait être , qu'ils le préféraient à l'or, qu'ils possédaient en abondance , mais qui ne peut pas servir aux
n R 4 mêmes usages, parce qu'il n'en a pas
DE LA CRÉATION. 155 la dureté et la solidité ; ils échangeaient volontiers des morceaux d’or, qui flattaient la cupidité du peuple conquérant, contre des haches ou d’autres outils qui leur étaient inconnus , mais dont ils sentaient l’avantage.
Le fer est attiré par l’aëmant dont je vous ai déjà parlé. C’est même lui qui a fait découvrir la singulière propriété de cette pierre ferrugineuse ; car , si l’on en croit un ancien naturaliste , un berger ayant senti que les clous de ses souliers et son bâton qui était ferré, s’attachaient à une roche d’aimant sur laquelle il passait , chercha à approfondir la cause de ce phénomène , et par les découvertes que
d’autres sciences amenèrent , on doit
156 LES MERVEILLES à ce minéral obscur l'avantage d’avoir établi des communications entre les
différentes parties du globe, puisque
c’est à l’aimant qu’on doit l’usage de .
la boussole et les immenses avantages qui en résultent pour la navigation.
— Oh ! dit Victor, je voudrais bien savoir ce que c’est que cette boussole ?
— Lorsque je vous donnerai des connaissances plus étendues , mes enfans, je vous en apprendrai l'usage.
Quant à présent, je me contenterai de vous dire que c’est par elle qu’on dirige les vaisseaux dont la marche est restée si Jong-temps incertaine.
L’aimant attire le fer à une très-grande distance, et demain je vous en ferai
faire expérience sen plaçant un mor-
DE LA CRÉATION. 157 ceau d’aimant sur une table où il y aura des aiguilles ; vous verrez les aiguilles s'approcher de l’aimant et s’y attacher fortement ; et si vous voulez les en détacher , vous éprouverez une forte résistance.
La médecine a également tiré parti du fer et de l’aimant dans le grand art de guérir, et vous voyez , mes enfans, que tout dans la nature à des propriétés qui ne demandent qu’à être découvertes pour paraître admirables.
L’étain est encore un des métaux imparfaits et le plus mou après le plomb. Sa couleur est blanche et brillante ; ilest facile à ternir, mais il ne se rouille pas ; plus ce métal est pur,
et moins il pèse. C’est le plus léger